Une fuite de 10% provenant d’un superpétrolier coûterait 2G$ à éponger
Un déversement majeur de pétrole sur le Saint-Laurent coûterait 2G$ à éponger soit plus que la limite du fonds d’indemnisation du gouvernement fédéral, selon une étude publiée jeudi.
Si l’un des superpétroliers qui viennent depuis l’automne s’approvisionner à Sorel perdait 10% de sa cargaison de 110 millions de litres pétrole, la nappe d’hydrocarbure traverserait le lac Saint-Pierre en moins de huit heures, note l’étude commandée par Équiterre et le Conseil des Canadiens.
«Les responsables d’intervention manquent cruellement de ressources en cas de déversement important, et ils ne peuvent pas récupérer le pétrole en période de gel, soit trois à quatre mois par année sur le fleuve», notent les auteurs de l’étude qui recommandent que des barrages flottants soient rapidement disponibles le long des zones écosensibles.
Selon l’étude intitulée Un désastre en double, les dommages s’élèveraient à plus de 2G$, ce qui dépasse de beaucoup la limite de responsabilité de 1,4G$ imposée par la loi canadienne sur la marine marchande.
«La SIMEC (Société d’intervention maritime pour l’Est du canada) est le seul organisme d’intervention certifié pour le fleuve Saint-Laurent. La SIMEC est une entreprise privée qui appartient à Imperial Oil, Ultramar, Shell et Suncor. La SIMEC ne totalise que 13 employés pour leurs trois centres d’intervention au Québec, soit à Sept-Îles, à la Ville de Québec et à Verchères. La société respecte un budget annuel de seulement 7M$, souligne l’étude qui clame que cette «capacité d’intervention en cas de déversement pétrolier n’est pas suffisante lorsqu’on sait qu’à peu près 300 pétroliers transportent du pétrole brut sur les eaux du St-Laurent chaque année.
«Les risques d’un déversement de pétrole sont peut-être faibles, mais les conséquences sont si graves que des mesures doivent être prises pour prévenir un tel désastre et limiter ses répercussions», affirment les auteurs de l’étude.
Ces derniers recommandent aussi que la Loi canadienne soit amendée afin de supprimer toute limite dans le montant des dédommagements versées par les entreprises responsables de cas de pollution majeure.
Transport Canada a rétorqué en expliquant qu’elle améliorera sous peu le régime de responsabilité et d’indemnisation. «Avec ces changements, il n’y aura aucune limite sur le mo0nmtant d’indemnisation disponible. Au cas où la caisse d’indemnisation serait épuisée, l’industrie pétrolière sera prélevée pour couvrir tous les apeiments effectuées par la Caisse», a expliqué par courriel Ben Stanford, porte-parole de Transport Canada.
Ce dernier affirme que le Canada a «un des régimes de sécurité maritime les plus solides du monde». Le nombre d’inspection des navires a été augmenté, de même que le financement de la surveillance aérienne des eaux canadiennes et le système d’aide à la navigation, dit-il.
Lac Saint-Pierre 101
- Le Lac Saint-Pierre situé entre Sorel et Trois-Rivières est considéré comme une réserve de l’Unesco.
- 20 % de tous les marécages du fleuve Saint-Laurent
- On y trouve 27 espèces de plantes rares.
- 79 espèces de poisson, dont deux en voie de disparition.
- Il s’agit d’une halte migratoire pour 288 oiseaux aquatiques, dont 116 y font leur nid et 12 sont en voie de disparition.