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Le projet de loi spéciale déposé jeudi

Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienne

Les associations étudiantes ont les yeux rivés sur l’Assemblée nationale. Le gouvernement doit y déposer jeudi, son projet de loi spéciale.

Ce projet comprend deux volets. Il propose dans un premier temps une réorganisation du calendrier scolaire et aborde ensuite la question de la désobéissance civile. C’est sur cet aspect que étudiants attendent des précisions avec impatience.

Car si les sessions sont suspendues jusqu’à l’automne, il reste à savoir quelles seront dispositions visant à empêcher certains étudiants de bloquer l’accès aux établissements d’éducation à ceux qui souhaitent suivre leurs cours.

Jena Charest a effet affirmé mercredi que le texte législatif empêcherait d’entraver l’accès aux établissements d’éducation.

«Dans une société fondée sur la liberté, il n’est quand même pas acceptable qu’on bloque l’accès à un cégep ou à une université au nom de l’éducation, a dit le premier ministre mercredi.

«Est-ce qu’il y aura des mesures contraignantes ou des pénalités plus importantes pour les gens qui font du piquetage?, se demande Martine Desjardins, présidente de la Fédération universitaire du Québec (FEUQ), qui croit que cela ne ferait qu’exacerber les tensions.

«Tous ça nous fait bien peur», a-t-elle ajouté. Cette dernière affirme que le gouvernement étudiait ce projet de loi depuis plusieurs jours, ce qui démontre, selon elle, qu’il n’a jamais eu l’intention de négocier.

Le fait que le gouvernement souhaite garantir le droit d’accès aux institutions d’enseignement, peu importe les votes de grève des associations, inquiète aussi Mme Desjardins. Cela viendrait confirmer que les étudiants n’ont pas le droit de grève.

Un autre aspect à surveiller concerne une possible disposition afin de punir les leaders étudiants qui encourageraient leurs membres à ne pas respecter la loi spéciale. Ce genre de disposition a déjà été invoqué dans les conflits de travail et a conduit à l’emprisonnement de leaders syndicaux. Mais en matière de conflit étudiant, on est en terrain inconnu.

«C’est quelque chose qui nous inquiète, mais d’un autre côté, on n’a jamais encouragé nos membres à transgresser les injonctions. On les invitait même à les respecter. Mais on le voit sur le terrain, les étudiants agissent aussi de façon indépendante», ajoute la présidente de la FEUQ.

Par ailleurs, les discussions ne sont pas au point mort «Nous, on continue de voir s’il n’y a pas de possibilité de retourner à une table des négociations», indique Mme Desjardins. Elle précise avoir parlé une quinzaine de minutes avec Mme Courchesne après le point de presse de la FEUQ mercredi soir en réaction à l’annonce de la ministre concernant le dépôt du projet de loi spéciale.

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