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La lutte est difficile contre les chefs de partis

Liberal leader Justin Trudeau, Green Party leader Elizabeth May and New Democratic Party leader Thomas Mulcair listen as Conservative Leader Stephen Harper take part in the first leaders debate Thursday, August 6, 2015 in Toronto. THE CANADIAN PRESS/Frank Gunn Photo: Frank Gunn / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Depuis quelques semaines, la candidate néo-démocrate Anne Lagacé Dowson passe la majeure partie de son temps à saluer les utilisateurs du transport en commun ou à discuter avec les propriétaires des restaurants de la circonscription de Papineau, à Montréal, dans le cadre d’une lutte électorale qui risque d’être suivie d’un océan à l’autre.

Mme Lagacé Dowson, qui s’est lancée dans l’arène politique il y a seulement quelques semaines, croit fermement à ses chances d’être élue le 19 octobre malgré sa courte campagne face à son principal rival, le chef libéral Justin Trudeau.

«Je crois que Justin Trudeau est vulnérable dans cette circonscription. Nous allons nous assurer que nous sommes présents dans toutes les zones de la circonscription où le Parti libéral pourrait constituer une option viable», a-t-elle expliqué.

Il est difficile de gagner un siège à Ottawa, et encore davantage de remporter une circonscription détenue par un député sortant. S’il s’agit d’un chef en plus, le défi s’annonce titanesque — mais pas impossible pour autant.

En 2011, les chefs libéral Michael Ignatieff et bloquiste Gilles Duceppe ont été défaits dans leur propre circonscription. En 1993, la première ministre et chef du Parti progressiste-conservateur Kim Campbell avait elle aussi été battue par un nouveau venu.

La possibilité que l’un des quatre chefs des principaux partis perde sa circonscription demeure faible, selon Sébastien Dallaire, de la firme de sondages Léger.

Les dirigeants des partis ont des équipes solides sur le terrain pour les couvrir pendant leur absence prolongée, a relevé M. Dallaire. «C’est arrivé dans le passé, mais généralement, les chefs de partis augmentent leurs appuis dans leur circonscription, alors il serait surprenant que l’un des quatre perde son siège», a-t-il ajouté.

Trois chefs se présentent pour cette élection dans la région de Montréal — le libéral Justin Trudeau dans Papineau, le bloquiste Gilles Duceppe dans Laurier—Sainte-Marie et le néo-démocrate Thomas Mulcair dans Outremont.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, tentera de se faire réélire en Colombie-Britannique, tandis que le chef conservateur Stephen Harper sollicite un nouveau mandat dans la région de Calgary, en Alberta.

L’exception pourrait bien être Gilles Duceppe, qui souhaite regagner son siège aux mains de la néo-démocrate Hélène Laverdière, qui avait été élue contre lui en 2011 avec une marge confortable.

Au Québec, les citoyens n’ont pas hésité dans les dernières années à montrer la porte à des premiers ministres; Jean Charest, en 2012, et Pauline Marois, en 2014, ont tous les deux été battus alors que leur parti respectif était également chassé du pouvoir.

Justin Trudeau, qui a été élu pour la première fois en 2008, a remporté Papineau avec une majorité de 4327 votes en 2011. Mais Anne Lagacé Dowson se dit encouragée par le redécoupage de la circonscription et par son équipe robuste qui a été déployée sur le territoire.

Mme Lagacé Dowson s’était présentée une première fois pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) en 2008 dans une autre circonscription montréalaise, mais elle avait perdu contre le libéral Marc Garneau. Elle n’avait pas participé au scrutin de 2011.

La campagne de Mme Lagacé Dowson a été fusionnée avec celle d’une circonscription voisine, Rosemont—La Petite Patrie, qui est représentée par Alexandre Boulerice, un membre influent de la députation québécoise du NPD.

Mais le NPD n’est pas le seul à cultiver des objectifs ambitieux dans la région de Montréal.

À Outremont, le château fort de Thomas Mulcair depuis 2007, l’avocate libérale Rachel Bendayan espère que la circonscription retrouvera ses couleurs rouges.

De 1935 à 2007, Outremont a glissé des mains des libéraux une seule fois. Or, depuis 2007, le NPD y a remporté toutes les élections. En 2011, M. Mulcair avait été réélu avec 56 pour cent des voix.

La nomination de Mme Bendayan, en mars 2014, a été l’une des premières du Parti libéral en vue des élections de l’automne. Elle a pris un congé de son travail pour se concentrer complètement sur la campagne.

Mme Bendayan, qui estime avoir cogné à au moins 10 000 portes depuis, tente de ranimer la fibre libérale des résidants du quartier. «Ils (les résidants) sont impressionnés de mon dévouement. Ils me disent que, peu importe ce qui arrive, j’ai déjà contribué à changer leur perception de la politique et des politiciens», a-t-elle souligné.

La résidante de longue date d’Outremont, âgée de 35 ans, a soutenu que le changement en politique signifiait «remplacer la vieille garde et amener des idées rafraîchissantes».

En Alberta, dans la circonscription de Calgary Heritage, le chef conservateur a souvent été élu avec des majorités de plus de 70 pour cent.

Deux résidants de l’endroit vont tenter de se mesurer à lui malgré tout: le musicien et néo-démocrate Matt Masters Burgener, ainsi que le médecin de famille et libéral Brendan Miles.

M. Miles, 34 ans, dit avoir réduit ses heures au travail pour mener une campagne «sérieuse et rigoureuse», pendant laquelle il participe à des événements communautaires et rencontre ses concitoyens.

«Je suis né et j’ai grandi ici et je vis ici. Alors c’est plus qu’une circonscription ici, c’est ma maison. Si j’aspire à faire cela (être député), je veux représenter ma maison», a-t-il affirmé.

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