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Trudeau appelé à défendre un cyberespace ouvert

OTTAWA – Défendre et faire progresser un cyberespace libre, ouvert et sûr est essentiel à la prospérité du Canada de même qu’à son engagement envers les droits de la personne et la démocratie, ont déclaré des conseillers au premier ministre Justin Trudeau.

Les prochaines années verront des progrès constants dans la mise au point d’infrastructures internationales dans le domaine numérique, notamment en ce qui concerne les normes, les accords et la gouvernance d’Internet, affirme une note de breffage présentée à M. Trudeau lorsqu’il est entré en fonction en novembre.

Des régimes répressifs veulent contrôler Internet pour faire taire les critiques, contrôler l’information et en limiter l’accès, menaçant de miner la nature ouverte et connectée d’Internet, prévient la note, obtenue par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

En misant sur ses forces diplomatiques, le Canada pourrait contribuer à préserver «l’ouverture, la résilience et la sécurité du cyberespace» sur lequel les Canadiens et les gens autour du monde s’appuient, affirme le document.

La note met l’accent sur le rôle d’Internet — avec trois milliards d’utilisateurs, et un autre milliard attendu d’ici 2017 — en tant que force motrice de la croissance économique, en créant des occasions de progrès social et démocratique.

Le Canada travaille étroitement avec ses partenaires de l’alliance Five Eyes — le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande —, de même qu’avec la Suède, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Union européenne et le Mexique pour influencer les puissances émergentes et d’autres pays en développement qui doivent encore prendre une position claire sur les questions entourant le cyberespace, indique la note.

Les conseillers de M. Trudeau préviennent que des régimes autoritaires ont eu recours à la censure et à la répression dans leur propre pays tout en faisant campagne sur la scène internationale en faveur d’une meilleure régulation d’Internet, voire son contrôle par les Nations unies.

La note souligne un autre défi: les nouveaux utilisateurs proviendront en majorité des pays en développement, dont plusieurs estiment que l’univers numérique est dominé par les pays occidentaux à cause de l’origine américaine d’Internet.

L’ancien employé du renseignement américain Edward Snowden, qui a révélé l’étendue de la surveillance du gouvernement américain sur les communications Internet, a renforcé cette «impression négative», affirme la note.

Plusieurs groupes de la société civile canadienne ont également exprimé de profondes réserves sur le rôle du Canada dans la surveillance mondiale d’Internet à travers l’alliance Five Eyes. Certains ont ouvertement réclamé des lois pour assurer que la police et les services de renseignement respectent la vie privée des Canadiens.