Ahuntsic-Cartierville
06:00 4 mars 2021 | mise à jour le: 4 mars 2021 à 16:19 temps de lecture: 4 minutes

Légère baisse des inscriptions à l’ITHQ, mais une relève toujours motivée

Légère baisse des inscriptions à l’ITHQ, mais une relève toujours motivée
Photo: GracieusetéTaina Teiva-Trescinski, étudiante à la formation internationale en service et sommellerie.

Alors que les restaurants et les bars sont sous respirateurs depuis environ un an, comment se porte le moral de la relève? L’institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) enregistre une baisse du nombre d’inscriptions dans ses programmes, mais la motivation des élèves semble au rendez-vous.

«On observe une légère diminution, mais sans impact important sur le nombre d’admissions, puisque le nombre de demandes reçues est encore supérieur à la capacité de nos groupes», fait savoir la responsable des relations publiques de l’ITHQ, Ophélie Simoncelli.

Inscriptions

Pour tous les programmes de cuisine et ceux liés à la gestion de la restauration, il y a eu une baisse de 8% des demandes d’admission à l’ITHQ (automne 2020) et de 5% (hiver 2021) comparativement aux mêmes périodes de l’année précédente.

«À cause du contexte actuel, on observe plus d’abandons, comme c’est le cas pour la plupart des programmes de formation professionnelle et technique à travers le Québec», souligne Mme Simoncelli.

Le programme qui observe une plus grande réduction à l’ITHQ est la formation internationale en service et sommellerie, voie dans laquelle Taina Teiva-Trescinski a décidé de se lancer. Sa cohorte compte sept étudiants alors qu’habituellement il s’agit de groupe d’une vingtaine d’élèves.

Une situation dont la jeune femme de 23 ans est loin de plaindre puisque cela permet un parcours académique plus personnel. Elle a notamment davantage de temps pour goûter les vins et faire une analyse ainsi que pour poser des questions à ses professeurs.

«C’est un moment de remise en question et de doutes pour tous les travailleurs et passionnés du domaine de la restauration que ce soit en salle, en gestion ou derrière les fourneaux.»

-Taina Teiva-Trescinski.

«En sommellerie, mon questionnement c’était surtout: ‘‘est-ce que plus tard je vais travailler dans un restaurant?’’», évoque-t-elle.

Sa passion l’a gardé sur les rails, ce qui n’a pas été le cas de tous. L’étudiante mentionne que certains collègues à l’ITHQ ont quitté pour des raisons financières ou à cause des perspectives professionnelles moins emballantes à court terme. Au Coureur des bois où elle travaille à Beloeil, il y a aussi eu des changements de cap.

«Il y a des gens qui ont quitté le domaine de la restauration parce que la COVID a joué là-dedans et ils se découvrent une autre passion», remarque Mme Teiva-Trescinski.

Pénurie?

Il y aura une relève au moment de la relance économique, croit la professeure en marketing à HEC Montréal, Joanne Labrecque. «Il y a bien des gens qui sont là-dedans par passion, et ça, ce n’est pas disparu à cause de la COVID. Le secteur se transforme, mais il va y avoir de nouvelles opportunités», soulève-t-elle.

De plus, le secteur de la restauration est attrayant notamment pour les étudiants. Plusieurs y travaillent à temps partiel. Lorsque les programmes d’aide gouvernementale comme la PCU cesseront, ces employés qui auront besoin de payer leurs dépenses répondront présents dans les établissements de restauration, estime Mme Labrecque.

Le principal problème sera plutôt les travailleurs d’expérience qui auront changé de domaine.

«Il y a des employés qui étaient peut-être déterminants pour l’entreprise et qu’on aura perdus. Le coût de former des employés est à considérer», souligne la professeure.

Elle mentionne que ce sera plus dur pour les restaurants au centre-ville. «Les restaurants de quartier, de proximité, sont mieux positionnés pour passer à travers cette crise que des restaurants très urbains, qui étaient plus axés sur une clientèle touristique», explique-t-elle.

Toutefois, l’experte nuance: les restaurants ont fait preuve d’adaptation entre autres en mettant sur pied des offres de prêt-à-manger et prêt-à-cuisiner.

Par ailleurs, Mme Labrecque explique que les personnes les plus touchées par la crise sont les plus vulnérables. Pour d’autres, la pandémie leur a permis de faire des économies notamment en cessant les voyages et plusieurs autres activités.

Elle croit que la population a hâte de retourner au restaurant et sera au rendez-vous le moment venu.

«Il y a bien des gens pour qui la restauration, c’est un lieu de socialisation, un lieu de découverte et une expérience», souligne-t-elle.

Les affaires devraient reprendre graduellement pour cette industrie.

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