Eiffel descend dans la rue
Romain Humeau et sa bande se lancent à la conquête de la Belle Province peu avant la sortie de leur cinquième album, Foule monstre.
Peut-être ne les connaissez-vous pas encore, puisque c’est la première fois que les quatre membres d’Eiffel s’apprêtent à fouler une scène au Québec. «Ç’a été une longue attente; on n’en a entendu que du bien!» assure le leader du groupe, le sympathique et volubile Romain Humeau.
On risque néanmoins d’en entendre parler souvent très bientôt, puisqu’en plus de livrer deux spectacles aux FrancoFolies cette semaine, le groupe débarque avec son dernier opus, À tout moment. Paru dans l’Hexagone il y a deux ans, l’album contient quelques pièces qui pourraient bien faire écho au concert quotidien de casseroles : «Que d’un pavé de fortune / Contre le tintamarre du pognon / À tout moment la rue peut aussi dire non», fredonne Humeau sur À tout moment la rue. «On est au courant qu’on n’arrive pas dans un pays complètement serein, lance le chanteur. Cette chanson, c’est un peu notre casserole à nous!»
Si Eiffel a souvent étéétiqueté «groupe engagé», Romain Humeau, qui signe textes, musique et réalisation, précise que c’est un peu malgré lui. «Je crois qu’on l’est, mais sans le vouloir, dit-il. On est amoureux de la musique avant tout, on aime les chansons à texte, Brassens, Gainsbourg, Vian, Ferré… Et quand on est quelqu’un qui griffonne des textes, on ne peut pas s’empêcher, si on est ouvert, de regarder le monde, de se sentir dans le monde, curieux, de vivre avec les autres, de vivre la cité, et la vie de la cité – c’est la politique. Alors, dans ce sens-là, on est engagés.»
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Mais si les textes disent quelque chose, Humeau se refuse à faire la leçon. «Ça, c’est un truc que je déteste, les leçons, s’exclame-t-il. De toute façon, je ne suis pas assez calé en politique pour prétendre avoir les réponses. Donc, ce sont plus des sensations que je décris. Notre rôle, c’est d’être des colporteurs d’impressions.»
Si Eiffel a été souvent présenté comme un groupe rock – on le compare souvent à Noir Désir –, Romain Humeau fait remarquer que ses influences sont multiples, ce qu’on peut d’ailleurs constater sur À tout moment. «On est présentés comme un groupe de rock français, et c’est vrai qu’il y a des moments très violents musicalement, mais il y a aussi des passages très doux, susurrés; des extrêmes, quoi! C’est ce qu’on aime dans toutes les musiques.» On pourra s’en rendre compte par soi-même mercredi soir, aux FrancoFolies.
Toujours du nouveau
Après avoir connu un très bon succès en France avec À tout moment, pas question pour Eiffel de se répéter. Et à quoi peut-on s’attendre de Foule monstre, l’opus à paraître en septembre?
«Ça va être totalement débridé au niveau des machines! On est des grands fans de Gorillaz, de LCD Soundsystem et de plusieurs rappeurs des années 1990, lance Romain Humeau. Et en même temps, on adore les Beatles… et on a essayé de mélanger toutes ces influences avec des textes en français assez oniriques. L’ambiance musicale plus ludique permet de pouvoir dire des choses assez dures, assez tristes, sans tomber dans le pathos, sans que ça paraisse.»
Eiffel
Sur la scène Ford mercredi soir à 23 h
Aux Katacombes jeudi à 23 h