Soutenez

Leo: entre les murs

Photo: Andy Phillipson

L’artiste allemand Tobias Wegner déploie de multiples talents dans le spectacle Leo, mis en scène par le Québécois Daniel Brière.

Tout a commencé par un petit numéro de clown qui exploitait l’illusion d’optique créée par une caméra inclinée à 90 degrés. «J’ai créé ce numéro avec la compagnie Circle of Eleven en 2008, se souvient Tobias Wegner. C’était d’abord un tout petit truc, puis c’est devenu un numéro de 15 minutes que Daniel Brière a vu à Berlin, dans un théâtre de variété, et sur lequel il a flashé. Quand on l’a approché pour savoir s’il voulait en faire un spectacle complet, il était donc vraiment motivé. C’était un bon défi pour lui, qui est acteur, d’aller vers un théâtre muet, plus physique.»

Dans Leo, Tobias Wegner est seul dans une petite pièce filmée par une caméra inclinée, donnant l’impression qu’il se trouve dans un univers où les lois de la gravité semblent n’avoir aucune emprise. «Au début, l’idée de faire de ce petit flash un spectacle complet était assez épeurante, avoue l’artiste. Mais quand j’ai commencé à travailler avec Daniel, j’ai vu assez vite qu’à deux, on allait se nourrir suffisamment pour en faire une heure. On avait aussi une vidéaste et un producteur qui ont alimenté le processus. Ils ont aussi eu une fonction de miroir quand Daniel et moi, on partait dans des trips et qu’ils nous disaient : les gars, concentrez-vous sur le noyau du spectacle!»

Wegner affirme qu’avant de faire Leo, il préférait le spectacle en duo ou en groupe. «Je trouvais ça beaucoup plus intéressant, beaucoup plus réaliste d’exploiter les relations humaines entre deux ou plusieurs personnages. Ç’a changé avec Leo, parce que je m’éclate pas mal! Et puis, avec l’âge, on devient plus difficile au sujet des personnes avec qui on travaille», sourit-il.

L’artiste aux multiples talents, même en solo, n’offre de toute façon pas un spectacle monotone, puisqu’il voyage entre les genres : «Au début, il y a beaucoup de comédie, c’est très clownesque, décrit-il. Puis, il y a toute une séquence où je fais un dessin à la craie – on a travaillé avec un dessinateur-animateur qui fait un petit film à partir de certains éléments de mon dessin. Ensuite, je joue un morceau de musique, puis la fin, c’est plus dansé, plus abstrait. C’est ça, le gros défi : je dois sortir tous mes savoir-faire. Mais pour moi, ça rend la soirée super satisfaisante, parce que j’ai la chance de tout faire. Et quand je sors de scène, je suis au septième ciel.»

Leo
Au Théâtre Outremont

Samedi et mardi à 19 h et
dimanche à 16 h et à 19 h

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.