Critiques CD de la semaine du 9 au 13 juillet
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Sandra Nkaké, Rodolphe Burger, Ultravox, Serj Tankian, Curren$y et Flo Rida.
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Si ce n’était pas de… Sandra Nkaké Nothing for Granted (3,5/5) |
Deuxième album de cette chanteuse et actrice franco-camerounaise à la belle voix grave, presque masculine parfois. Sur ce CD, elle mélange allègrement la pop (pour les mélodies), le rock, le R’n B, le rock, le soul, le jazz et le reggae. Et comme si ce n’était pas assez, sa musique mélange l’acoustique et l’électronique. Ça donne un disque qui sort des sentiers battus, mais qui demeure très accessible. Surtout par ses ballades et ses pièces mid-tempo. Il faut cependant retirer certains titres à l’atmosphère un peu plus abrasive (Like a Buffalo, Toc Toc Toc, Mankind) pour se laisser bercer par un bel après-midi d’été…
– Eric aussant
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Fidèle Rodolphe Burger This is a Velvet Underground…(3,5/5) |
C’est à s’y méprendre. On croirait réellement entendre la voix grave et suave de Lou Reed en écoutant les reprises de Rodolph Burger – malgré les subtiles pointes d’accent français. Il faut dire que les arrangements musicaux imitent également à la perfection le son du Velvet Underground. Nous avons réécouté avec plaisir la douce Sunday Morning et l’intemporelle Waiting For My Man. Le son rétro est impeccable, fidèle. Mais à ce compte, pourquoi ne pas écouter un album original de la très influente formation new-yorkaise? Un peu de relecture aurait été intéressant.
– Camille Laurin-Desjardins
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De retour Ultravox Brilliant (3/5) |
Après la tournée à guichets fermés Return to Eden en 2009, Brillant marque le retour du quartet anglais Ultravox. On ne croirait jamais que la formation, composée de Midge Ure, Billy Currie, Chris Cross et Warren Cann, qui s’est façonnée un style New-Wave et électro-pop sur la scène musicale de la fin des années 1970, a sorti son dernier album studio il y a 28 ans. Le groupe n’a pas perdu la main. On remarque l’influence des années 1980 : synthétiseurs et violons côtoient des vocalises électroniques de l’époque. Pourtant, les 12 titres, bien qu’un peu trop léchés, se fondent à merveille dans la tendance actuelle.
– Anicée Lejeune
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Puissance punk Serj Tankian Harakiri (3/5) |
Avec Harakiri, l’iconoclaste frontman de System of a Down continue sa route en solo et renoue avec ses racines punk. Si, avec certaines mélodies, l’Américo-Arménien semble prendre un virage plus commercial (Cornucopia), ses propos politiques revendicateurs demeurent non formatés (la rentre-dedans Figure it Out, la percutante Ching Chime). Parmi les pièces moins réussies, notons le plaidoyer Reality TV, qui s’insurge contre les vedettes de télé-réalité «percées de la langue, des joues» et… d’ailleurs. Au final, le principal atout de Serj reste, encore et toujours, sa voix, aux intonations dramatiques uniques.
– Natalia Wysocka
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Parfait pour l’été Curren$y The Stoned Immaculate (3/5) |
L’année 2012 est bien partie pour être celle de Curren$y. Le rappeur de La Nouvelle-Orléans sort The Stoned Immaculate moins de six mois après l’album précédent. Ce huitième disque est excellent, mais manque pourtant de cohésion. Un défaut peut-être dû à plusieurs producteurs différents. On trouve quand même des pépites parmi ces 13 chansons. Astuce, le meilleur est à la fin. That’s the Thing (en duo avec Estelle), les cinq minutes de Chandelier, l’excellent Fast Cars Faster Women et jusqu’au Jet Life final justifient l’achat de cette tranche de hip-hop au goût de chanvre.
– Cyrill L’Allinec
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Turn off Flo Rida Wild Ones (2/5) |
Après 50 Cents et son Candyshop, c’est au tour de Flo Rida de miser sur l’allégorie de la fellation, avec l’explicite Whistle pour introduire l’album Wild Ones. Si le rappeur américain clame tout au long de la chanson son envie de se faire souffler le sifflet (!), on a surtout envie de le lui couper. La descente dans les profondeurs de la misogynie et de l’insipidité s’intensifie en milieu d’album, alors que se succèdent Sweet Spot (avec J-Lo), Thinking of You et I Cry. Quelques embellies parviennent néanmoins à sauver l’auditeur du sommeil, notamment grâce à l’aide de Georgi Kay sur In My Mind et de Sia sur la chanson-titre.
– Charles-Éric Blais-Poulin
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt





