Culture

Effet boule de neige

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

Le Festival des films du monde a été le début de l’aventure pour le film de Nic Balthazar Ben X. Après avoir été présenté en première mondiale en août, il s’est mérité le Prix du public et le Grand Prix des Amériques, ex æquo avec Le secret, de Claude Miller. Depuis, acheté par 46 pays, Ben X voyage et trouve écho partout où il est présenté. C’est donc avec plaisir que le réalisateur belge est de retour dans la métropole pour parler de son petit film devenu grand.

Se déroulant à la fois dans le monde réel et dans l’univers du jeu en ligne ArchLord, l’histoire de Ben X, tirée d’un fait réel, met en scène un jeune autiste dont la vie est rendue impossible par ses camarades de classe. Harcelé, le garçon, au bord du suicide, échafaudera un plan où la vengeance sera au rendez-vous, aidé de Scarlite, une jeune fille rencontrée dans son jeu en ligne préféré.

Mettant en vedette Greg Timmermans, qui, dans Ben X, fait sa première apparition au grand écran, ce film à petit budget a fait un malheur à sa sortie en Belgique en septembre. Il a alors battu le film américain Bourne Ultimatum au box-office et il a réalisé la sixième meilleure recette de l’année dans ce pays. À cheval entre film d’action et film d’auteur, la production belge a réussi à séduire les jeunes.

«C’était un défi de faire un film grand public capable d’intéresser les jeunes qui ne vont pas voir de films d’auteur, concède Nic Balthazar, ancien critique de cinéma qui est maintenant réalisateur et animateur à la télévision belge. Ils sont tellement gâtés en termes de cinéma spectaculaire! Il fallait un film cool, qui leur parlerait et qui plongerait dans leur monde pour essayer d’exposer leurs problèmes.»

Jeu en ligne
L’idée d’inclure le jeu vidéo a alors germé dans la tête du cinéaste. Il s’est souvenu que, dans le fait divers lui ayant inspiré l’histoire de Ben X, on mentionnait la passion du jeune homme, qui a mis fin à ses jours, pour les jeux vidéo.

«On a eu l’idée de filmer à l’intérieur d’un vrai jeu vidéo au lieu de devoir en créer un  et d’avoir à payer des millions de dollars, explique-t-il. Archlord est un vrai jeu coréen. On s’est mis d’accord avec ses créateurs pour avoir le droit d’utiliser leurs décors et leurs personnages. C’est un rêve de pouvoir faire du cinéma qui ne coûte rien du tout. La caméra pouvait faire tout ce que je voulais juste avecun clic de souris. La température ne changeait pas, et les personnages étaient infatigables!»
Ce cyberunivers a d’ailleurs donné sa raison d’être au film, après que le livre et la pièce de théâtre racontant l’histoire du jeune homme autiste eurent obtenu un franc succès en Belgique. Le film ne sera cependant pas la fin du parcours de Ben X… Si les amis de Nic Balthazar se moquent de lui en disant qu’il devrait encore faire du recyclage avec son histoire en en faisant un ballet ou un opéra, le réalisateur a d’autres plans.

«À Montréal, il y a eu deux personnes qui voulaient acheter les droits de remake pour l’Amérique. On s’est alors dit : « Si on gardait les droits pour nous et qu’on faisait ça nous-mêmes, avec un coproducteur américain? » La raison pour laquelle je ferais une quatrième fois Ben X peut sembler prétentieuse, mais je « crains » qu’on ait fait un film important qui a parlé à beaucoup de gens. La seule manière de faire un film vraiment international et d’imiter ce que Rain Man a accompli pour l’autisme, ça serait de faire un film américain.»

Ben X
En salle dès aujourd’hui

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