Culture

Marie Laberge dans votre boîte aux lettres

Marie Laberge a gardé son projet secret pendant neuf mois. Photo:

Après Gabrielle, Adélaïde et Anabelle, Marie Laberge présente Martha.

Contrairement à ses prédécesseures, la nouvelle héroïne de l’auteure ne se laissera pas découvrir à travers les pages d’un nouveau roman, mais plutôt par le biais de lettres qui seront personnellement adressées au lecteur dès janvier prochain. Au total, 26 missives seront envoyées sur une période d’un an.

Ainsi, les lecteurs qui s’appellent Anne ou Frédéric recevront une lettre de Martha à leur nom, avec un véritable timbre et qui commencera par «Chère Anne» ou «Cher Frédéric».

Le projet de Marie Laberge est, selon la dramaturge, à contre-courant de la façon actuelle de communiquer.

«J’avais envie de me lancer dans quelque chose que je ne connaissais pas», a dit l’écrivaine, hier, lors d’une conférence de presse. C’est un peu comme si j’avais utilisé des techniques très modernes, au goût du jour, pour donner quelque chose d’ancien, qui s’est perdu. Quelque chose qui est un rapport presque sensuel, avec du papier, avec une enveloppe. Un rapport très privé qu’on garde dans ses tiroirs.»

Le coût de l’abonnement est de 33 $. On peut s’inscrire sur le site web de l’écrivaine (www.marielaberge.com) jusqu’au 31 décembre.

Aucune maison d’édition n’est attachée à l’entreprise de Marie Laberge, qui la parachève en secret depuis neuf mois.

La dramaturge n’a pas l’intention de regrouper ces lettres et de les publier sous la forme d’un roman.

Une femme ordinaire

Marie Laberge n’a pas encore terminé l’écriture de ces 26 lettres, d’une longueur de trois pages chacune.

L’auteure n’a pas révélé beaucoup de détails sur l’histoire de Martha, qu’elle décrit comme une «bonne vivante à un tournant de sa vie».

Marie Laberge a aussi précisé que celle-ci était une «femme plus ordinaire» que les héroïnes de ses romans.

«Ce n’est pas quelqu’un qui a beaucoup d’argent, ce n’est pas quelqu’un qui a été torturé pendant son enfance, a-t-elle souligné. C’est une femme plutôt ordinaire. J’avais envie de donner la parole aux gens qui ont quelque chose à dire, mais dont on ne se soucie jamais.»

Pour l’instant, Marie Laberge compte poursuivre Des nouvelles de Martha pendant un an. L’écrivaine laisse toutefois la porte ouverte à une éventuelle prolongation du projet.

«Je ne sais pas si je vais me sentir esclave ou si je vais m’attacher à elle», dit-elle avec le sourire.

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