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Carla Bruni-Sarkozy: «Je suis tout à fait libre»

Aurélie Sarrot, Métro France

Sa musique, sa carrière, son mari, les médias… À l’occasion de la sortie de son album, Carla Bruni-Sarkozy dit tout à Métro.

Au fond d’une impasse, un joli jardin, une belle maison. Comme pour la promotion de « No promises », Carla Bruni reçoit chez elle pour parler de son nouveau disque « Comme si de rien n’était » (Naïve). Celle qui est devenue « la femme du Président » est exactement la même, resplendissante, et souriante. Entretien dans son salon, entre un piano, des bougies et une guitare.

L’écriture de ce disque était-t-elle terminée quand vous vous êtes mariée?
Beaucoup de chansons étaient bouclées avant, certaines ont été faites après, notamment la première, Ma jeunesse. C’est tellement inspirant de passer des heures en studio à faire de la musique, ça donne envie d’en écrire d’autres.

Vous avez co-écrit Péché d’envie avec Raphaël Enthoven, votre ancien compagnon. Difficile non?
Raphaël est le père de mon petit garçon. Malgré notre séparation, nous sommes toujours très amis. Il m’a donné une idée de formulation qui était « C’est que j’ai envie d’avoir été ». A partir de là, j’ai écrit toute la chanson dont la phrase principale est « C’est que j’ai envie de ». D’où la co-signature.

Vous ne jouez pas de guitare sur ce disque…
Ce n’est pas une perte (rires). Louis Bertignac [qui a collaboré aux deux précédents albums] gardait certaines de mes guitares mais au début des chansons seulement. La petite guitare maladroite du début, c’était moi. J’ai toujours fait mes maquettes guitare-voix, sauf « La possibilité d’une île », que j’ai composé au piano. Ca va pour les maquettes, mais pas pour un disque.

Bertignac n’a pas collaboré au disque. Raison politique?
Non. Nous avons pris cette décision d’un commun accord. Nous ne sommes pas fâchés du tout. Il avait besoin de prendre un peu d’air, moi j’avais besoin de changer un peu.

Sur les chansons que vous avez écrites en français, vous parlez de votre nostalgie de l’enfance, de votre peur de vieillir, ça vous angoisse…
Je parle même de mon refus de vieillir ! (rires) C’est quelque chose qui me tracasse un peu. C’est surtout mon impuissance face à cela qui me travaille. Je fais beaucoup de sport, mais la bataille ultime est gagnée par le temps…

Vous parlez de vos amants, de came, on s’attendait à plus de censure pour votre disque?
Il n’y a pas de censure en France. Nous sommes dans un pays très démocratique. L’Elysée n’intervient pas dans ma vie artistique, ni dans ma vie médiatique. A chaque fois que je communique – comme je l’ai fait pour m’expliquer après mon mariage notamment – je suis tout à fait libre. Je pense que le fantasme de la manipulation de l’Elysée est un peu misogyne. Comme si une femme ne pouvait pas garder toute sa liberté et toute sa personnalité simplement parce qu’elle a épousé un homme qui est dans une position importante.

Pour la première fois, vous ne ferez pas de concert…
Je ne pourrai pas faire de scène tant que mon mari sera chef de l’État. J’ai pris cette décision. Faire des concerts impliquerait une trop grande sécurité par rapport à ma position de première dame de France, ce n’est pas correct vis-à-vis du public. Je vais faire des émissions de télé où je vais interpréter mes titres en live, Taratata et le Grand Journal notamment.

Avez-vous l’impression d’avoir été attaquée par les médias?
Pas vraiment. Maintenant qu’on m’attaque sur ma musique ou mes paroles, je trouve ça très naturel. Qu’on m’attaque parce que je suis amoureuse de mon mari, je trouve ça assez bizarre. Il ne me viendrait pas à l’idée de m’en prendre à qui que ce soit pour son conjoint.

Votre cÅ“ur penche à gauche. Mme Royal s’en prend beaucoup à votre mari ces derniers temps, notamment sur le cambriolage de son appartement. Comment percevez vous cela?
Je ne sais pas si on peut toujours contrôler ce que l’on dit. Comme elle est dans une position sans doute difficile, elle se laisse aller parfois… Je le regrette pour elle en tout cas.

Bertrand Delanoë nous a confié que vous lui enverrez votre disque…
J’apprécie beaucoup Bertrand Delanoë, au-delà de son excellent travail en tant que maire de Paris et au-delà de ses divergences avec mon mari. Il m’a fait le plaisir de venir à mes concerts, c’est un bonheur de le voir. Je lui enverrai mon disque dès demain. Quand on écoute de la musique, on est une personne et pas une fonction.

Votre univers musical est très loin de celui de votre mari. Lui avez-vous fait découvrir des chansons?
Lui sa passion, c’est la chanson française. Et là, nous avons beaucoup de points communs, notamment Brel, Gainsbourg, Ferré ou Barbara. Quand je lui fait découvrir des choses, ce sont des artistes anglo-saxons. Les chansons de Bob Dylan, Leonard Cohen des Beatles sont une merveilleuse manière pour rentrer dans une langue, comme les films.

Vous avez mis fin aux rumeurs qui vous disaient enceinte…
Ca fait dix jours que je fais de la promo et tout le monde me demande ça. Je crois qu’il faut que j’arrête la bière, voilà la vérité. Si j’ai pris du ventre, c’est uniquement parce qu’il m’arrive de boire une bière. Certes, j’aimerais bien être enceinte, mais je ne le suis pas. SI je l’étais, je ne fumerais pas.

Jean Sarkozy va bientôt se marier. Si sa femme est enceinte, vous pourriez l’être en même temps. Votre mari serait donc père et grand-père au même moment…
Oui. Mais ça c’est très fréquent aujourd’hui.

Allez-vous partir en vacances?
Un tout petit peu, au mois d’août. Nous allons au Lavandou, chez nous.

Avez-vous refait votre garde-robe depuis que vous êtes Première Dame?
J’ai de nouvelles robes que je prends pour les circonstances officielles et pour honorer aussi la France. Les couturiers français sont tellement doués, ça foisonne de créativité et j’ai un peu l’embarras du choix. Dans la vie courante, je porte les mêmes choses qu’avant : chemise, ballerine, pantalon.

Allez-vous accompagner votre époux aux Jeux olympiques de Pékin?
Non. C’est un très long voyage, il n’a jamais été question que j’y aille.

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