Sur le plateau de tournage de À l'origine d'un cri
«Si on m’avait dit qu’il fallait que j’aille me battre contre Ben Laden et sa gang pour obtenir ce rôle, j’y serais allé!»
Michel Barrette est aux anges. Il savoure chaque instant de sa participation au film À l’origine d’un cri, le second essai de Robin Aubert (Saints-Martyrs-des-Damnés), réalisé au coût de 4,3 M$ et qui doit prendre l’affiche dans le courant de 2010.
Dans ce long métrage, il incarne un homme aveuglé par l’amour et le chagrin qui décide de prendre la poudre d’escampette avec le cadavre de sa femme!
Pour se glisser dans la peau de cet être désespéré en proie à la folie, l’interprète de Hi-Ha Tremblay s’est organisé pour obtenir de manière illégale le scénario, en plus de solliciter une rencontre avec le cinéaste.
«Je suis sorti de l’audition en pleurant, confie l’acteur. Pas parce que ça n’avait pas bien été. Parce que j’avais le rôle et, surtout, parce qu’il y a quelque chose dans ces scènes-là qui me rejoint dans le plus profond de ce que j’ai de l’être humain.»
Intime et personnel
Sur le plateau de tournage, quelque part à Vaudreuil, Robin Aubert est méticuleux.
Qu’il prépare des scènes intérieures dans un vieux et crasseux bar de danseuses ou qu’il donne des directives pour des séquences extérieures qui nécessitent plusieurs comédiens, le metteur en scène enchaîne les répétitions et les prises. Toute son énergie, il l’utilise afin de créer cette histoire largement autobiographique.
«Je suis parti de la vérité pour inventer la suite, explique-t-il. C’est épuisant, mais en même temps, ça amène beaucoup de lumière.»
Il n’y a peut-être pas eu violation de sépulture, mais le processus de cicatrisation familiale a été long. En plus de Michel Barrette, ce road movie personnel peut compter sur l’apport de Jean Lapointe et de Patrick Hivon, qui défendent respectivement le père bourru et le fils bagarreur du personnage joué par Michel Barette. Trois générations d’hommes qui cherchent à se comprendre.
«Quand j’ai lu le scénario, j’ai vu un parallèle avec ma vie, note Hivon, connu pour sa participation à la télésérie Providence. Les enjeux étaient les mêmes, j’aurais pu écrire ce film-là. »
Son de cloche identique chez le chanteur sénateur («il y a beaucoup de vérité à travers tout ça»), qui paraissait cependant un peu éreinté par le tournage.
Même si À l’origine d’un cri s’annonce plus réaliste que Saints-Martyrs-des-Damnés, il faut néanmoins s’attendre à plusieurs surprises de la part du réalisateur.
«J’amène toujours des éléments qui dépassent la réalité. La réalité, pourquoi la recréer? On la vit tous les jours. Pourquoi ne pas en faire une dimension de couleurs, comme une toile?»
Ce ton authentique caractérise la démarche artistique d’Aubin.
«Je pense honnêtement que je ne suis pas quelqu’un qui sait comment faire un film. C’est pour ça que je fais un film. J’espère ne pas le découvrir, parce que le thrill ne serait plus là.»