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Biebs signe un étrange canular

Photo: YouTube

Justin Bieber et Nicki Minaj présentent le vidéoclip de la pièce Beauty and a Beat.

Si vous considérez Justin Bieber comme le summum de la vacuité pop préfabriquée, la campagne de promotion entourant la sortie de son plus récent clip risque de vous donner mal au cœur. Mais si vous êtes un adepte du marketing viral propre à notre époque, et que vous considérez l’omniprésence des médias sociaux comme le plus grand triomphe de l’histoire de l’Humanité, vous pourriez crier au génie…

Récapitulons : il y a quelques semaines, on apprenait que, lors d’un concert, le pauvre Justin s’était fait voler un ordinateur portable contenant des heures de vidéos «personnelles» et, possiblement, des photos de la jeune star en costume d’Adam. Après avoir titillé la fibre voyeuriste de milliers de fans prépubères et confirmé les peurs de ceux qui dénoncent la vulnérabilité de la sphère privée à l’ère des réseaux sociaux, le voleur annonça qu’il allait dévoiler des images du Biebs sur YouTube.

Le jour J, des milliers de jeunes filles au bord de la crise d’apoplexie ont découvert quelques images inédites : Bieber en studio, Bieber jouant des tours, Bieber se demandant comment faire fonctionner une caméra, Bieber se filmant lui-même pour dévoiler, peints sur une table de ping-pong, les mots suivants : «Beauty and a Beat : écrit, réalisé et filmé par Justin Bieber».

On peine à imaginer la déception de ces milliers de jeunes voyeuses en herbe constatant qu’on les avait roulées dans la farine. Une fois débarrassées de leur aura de mystères, les images apparaissent comme ce qu’elles sont : celles d’un vidéoclip de Justin Bieber qui se filme au milieu d’un pool party dans un parc aquatique. Point barre. La caméra, tenue à bout de bras, donne le tournis et les chorégraphies aquatiques ressemblent à une version Glee d’un film d’Ethel Merman.

Lorsqu’à la fin, Justin annonce «That’s good, I don’t think we need another one», on se dit qu’il a bien raison. En effet. Justin, on n’a pas besoin d’un autre canular minable comme celui-là.

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Billy Talent chez les hipsters
À l’opposé de Bieber sur le spectre de la pop canadienne, on trouve la formation Billy Talent, qui déploie des trésors d’imagination pour dénoncer la déshumanisation de notre époque dans son plus récent clip, Surprise Surprise.

L’action commence sur une base aérienne où un officier brame des ordres incompréhensibles à son escadron d’élite, constitué des membres de Billy Talent eux-mêmes. En regardant sur le tableau, on découvre que l’ennemi à abattre est un cochon. S’agirait-il d’une référence à Angry Birds? La suite peut porter à le croire.

Notre quatuor d’aviateurs part bombarder une ville futuriste dont les habitants sont obnubilés par leurs gadgets électroniques. Une ville peuplée de zombies magasinant chez American Apparel entre deux cannettes de Pabst Blue Ribbon. Une ville de hipsters, quoi. Des hipsters que le texte de la chanson présente comme des victimes du système capitaliste qui a transformé leur pseudo-révolte et leur désir d’individualisme en stratégie de marketing.

L’univers graphique du clip, créé par ordinateur, peut rappeler des films comme Sucker Punch ou Sky Captain and the World of Tomorrow, mais le message semble sortir du livre The Rebel Sell, un essai qui traite de l’inévitable récupération commerciale de la contre-culture. Un mélange risqué, mais réussi, malgré une chanson qui n’a pas le punch des anciens hits de Billy Talent.

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vendredi à 20 h 30

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