Sugar Sammy : L'illustre inconnu
Lorsque Sugar Sammy se promène à Montréal, un curieux phénomène se produit. Quand l’humoriste est dans l’ouest de la ville, les gens s’arrêtent pour lui demander des autographes, mais dès qu’il franchit le boulevard Saint-Laurent et qu’il se retrouve sur la rue Saint-Denis, c’est l’anonymat complet!
C’est que le comique est une véritable vedette au Canada anglais et un peu partout dans le monde. À Hong Kong, à Dubaï et en Afrique du Sud, on se l’arrache. Aux États-Unis, il peut encore prendre le métro à New York incognito – quoique sa popularité est grandissante là-bas -, mais en Afrique du Sud, il doit maintenant se déplacer avec un chauffeur et un garde du corps!
Mais le visage du Montréalais d’origine indienne – qui a grandi dans le quartier Côte-des-Neiges et qui est allé à l’école en français – pourrait bientôt devenir familier aux Québécois francophones.
Après avoir fait son premier numéro dans la langue de Molière au Show raisonnable l’an passé et avoir participé au gala de François Morency cette année, Sugar Sammy commence tranquillement à chatouiller la rate des Québécois francophones.
«Le public francophone, c’est quelque chose de nouveau et ça m’excite beaucoup, confie le jeune homme de 33 ans. Ici, je fais encore partie de la relève, alors ça me donne des papillons dans l’estomac. C’est un défi pour moi d’arriver avec mon style, qui est vraiment américain et de faire rire les Québécois francophones, surtout avec les sujets que j’aborde. Je parle du référendum, du racisme, mais j’aborde ça sous un angle différent. Je donne l’avis d’un fédéraliste anglophone d’origine indienne bilingue!»
Montréal multiethnique
Sugar Sammy, de son vrai nom Sam Khullar, tient à souligner que ce qu’il a connu est très différent de ce que peuvent avoir vécu Rachid Badouri et Anthony Kavanagh, qui ont tous deux été élévés en banlieue de Montréal, et qui – même s’ils font des blagues sur leur couleur de peau – n’ont pas grandi en marge de la société québécoise comme lui.
«J’ai été à l’école la plus multiethnique de la ville, rappelle-t-il. J’ai toujours senti qu’il y avait un froid entre ma culture indienne et la culture québécoise. Les jeunes avec qui j’ai grandi, les Indiens, les Haïtiens et les Latinos, et moi, on se sentait toujours exclus. Il n’y avait pas de pont qui reliait nos cultures.»
Sans aller jusqu’à penser que son humour pourrait aider à créer des ponts entre les cultures, Sugar Sammy a bien intention de montrer un autre côté de la médaille.
Ses blagues sur les minorités visibles, il les fait un peu partout sur la planète, sans jamais oublier de faire part au public de son amour pour Montréal, «sa» ville.
«Chaque fois que je joue à l’étranger, je vante Montréal, assure-t-il. Je devrais demander un chèque au ministère du Tourisme!»
Sugar Sammy ira parler de notre belle métropole multiculturelle pour la première fois en Inde au mois de septembre, avant de retourner courtiser les Américains, chez qui il a déjà assuré la première partie de Dave Chapelle.
Avant le grand départ, le globe-trotter animera deux soirées, dans le cadre du Zoofest, dédiées à la relève anglophone.
New Faces of Comedy
Au Cabaret Juste pour rire
Ce soir à 19 h et demain à 21 h 15