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Paquin, oui; MacLeod, non!

Marc-André Lemieux - Métro

Les ovations debout ne sont pas rares dans les galas Juste pour rire. L’ambiance de fête qui règne dans ce type de soirée pousse souvent les spectateurs à acclamer sans relâche leurs humoristes préférés.

Dans la plupart des cas, les applaudissements et les cris sont pleinement mérités. Dans d’autres cas, par contre, on se demande ce qui incite les gens à se lever de leur siège.

On s’est posé la question, hier soir, après le passage sur scène de Peter MacLeod. Dans son style habituel, un mélange de désinvolture et de sacres, le comique s’est aventuré en terrain glissant en traitant du racisme, ou plus précisément de la «molesse» des Québécois à l’égard des exigences des minorités culturelles. «Ce n’est pas raciste de te tenir debout quand quelqu’un te pile sur la tête : on appelle ça une colonne vertébrale», a-t-il lancé en tout début de numéro.

On aurait été d’accord avec le comique s’il avait fait preuve d’un peu plus de finesse dans le reste de son monologue, truffé de clichés ethniques.

Voyant que l’audience hésitait à rire de ses blagues sur les Juifs, MacLeod s’est écrié : «Faites-vous-en pas. Il n’y en a pas un dans la salle, parce que des spéciaux sur les billets, on n’en a pas au festival!»

Le genre de trucs que nos vieux mononcles lançaient après avoir pris  deux verres de trop dans les partys de Noël dans les années 1980…

Fort heureusement, le reste du Gala de Laurent Paquin volait plus haut. Guy Nantel y était sans doute pour quelque chose.

Le comique engagé a réussi à mettre un peu de piquant dans la soirée grâce à un monologue juste assez politiquement incorrect sur le système de santé. «Nos hôpitaux sont conçus pour guérir les malades qui ont des chances de mourir, a-t-il dit. C’est pour ça que, pour désengorger les hôpitaux, je suggère de rouvrir le débat sur l’euthanasie!»

Martin Dubé a également reçu une ovation debout grâce à un numéro sur le hockey. Ses imitations de Mario Lemieux, de Roger Brulotte et de Michel Bergeron ont fait mouche, mais c’est surtout la portion musicale de sa prestation qui a séduit la foule. Son duo avec le ténor Marc Hervieux à propos des
derniers échanges du Tricolore a beaucoup plu. Sur l’air de Time to Say Goodbye, l’hymne classique pop d’Andrea Bocelli et de Sarah Brightman, le tandem a dit au revoir à Koivu, Komisarek, Higgins et Kovalev sous les applaudissements de la foule.

Parmi les autres bons coups, citons un sketch absurde du trio Les grands burlesques et quelques répliques pleines d’esprit de Laurent Paquin. «De nos jours, c’est facile d’être végétarien, parce que les vaches sont folles et les cochons ont la grippe… Et je ne veux pas avoir l’air paranoïaque, mais j’ai l’impression que les moutons couvent aussi quelque chose!» s’est-il exclamé.

Présenté en ouverture de gala, le fameux numéro de la tribune téléphonique – un concept qui dure depuis quelques années – n’a pas répondu aux attentes. La preuve? Les applaudissements étaient beaucoup plus élevés au début qu’à la fin du sketch.

Par ailleurs, Cathy Gauthier a fait honneur à sa réputation de bitch en racontant la fois où elle s’en en prise à une vendeuse qui avait osé la traiter de «madame».«Une madame, ça aime du Nicola Ciccone. Une madame, ça n’écoute pas la télévision, ça watch des program­mes!» a-t-elle crié.

On ne peut passer sous silence la prestation de Boucar Diouf qui, sans nous avoir fait rire à gorge déployée, nous a émus par ses textes pleins d’esprit sur son arrivée au Québec.

«On m’avait dit que j’allais passer l’été avec une petite Québécoise au bras, mais j’ai passé l’hiver avec une grosse canadienne sur le dos!» a blagué le comique d’origine sénégalaise.

Gala Juste pour rire de Laurent Paquin
Au Théâtre St-Denis
Ce soir, à 20 h

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