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Lars von Trier, provocateur ou génie?

Rania Hoballah - Métro Paris

Antichrist, film provocateur ou Å“uvre d’un génie en avance sur son temps? 

Une chose est sûre, le dernier opus du cinéaste danois Lars von Trier ne fait pas l’unanimité, ayant provoqué tout un scandale au Festival de Cannes.

Antichrist est l’histoire d’un couple qui vient de perdre son enfant et qui décide d’aller vivre son deuil dans un chalet isolé en forêt. Mais les choses tournent mal, et la femme sombre dans la folie.

Ayant écrit le scénario six mois après avoir fait une dépression, Lars von Trier a donné, consciemment ou non, à son film des allures de thérapie cinématographique. 

«Lars était dépressif et avait de la difficulté à sortir du lit. Il se demandait même s’il serait capable de faire un autre film, se souvient l’acteur Willem Dafoe. Il a donc décidé de rassembler ses idées noires et ses mauvais rêves pour en faire Antichrist.»

Lars von Trier affirme ne pas trop se souvenir de ces détails. Il avoue toutefois avoir traversé une période très difficile durant laquelle il buvait beaucoup.

«Faire un film est peut-être une thérapie, mais ça ne guérit jamais personne», affirme par ailleurs le réalisateur.

Fait de manière intuitive, son long métrage est un songe angoissé sur les peurs de l’homme et la nature, des thèmes qui lui sont chers.

CÅ“urs sensibles s’abstenir

Le long métrage accumule une quantité de scènes de violence.

Ainsi, on voit le personnage joué par l’actrice Charlotte Gains­bourg se couper le clitoris avec des ciseaux. Ce rôle lui a pour­­tant valu le Prix d’in­ter­­prétation féminine à Cannes.

 L’acteur Willem Dafoe n’est pas en reste: son personnage se fait écraser les parties intimes avant d’éjaculer du sang.

«Moi, je montre les choses telles qu’elles sont, explique le réalisateur. C’est de l’honnêteté. L’automuti­lation, ça arrive tous les jours. C’est ça qui est le plus provocant, pas le fait de le montrer.»

«Je travaille pour moi, pas pour le public, renchérit-il. Je n’ai pas à me justifier. […] Je suis le meilleur réalisateur du monde.»

A-t-il eu du mal à convaincre Charlotte Gainsbourg de jouer ces scènes?

«Je n’ai pas eu à convaincre les comédiens, car ils ont lu le scéna­rio avant d’accepter de jouer dans le film. Ils savaient exactement ce que je voulais faire. Mais je dois dire que je suis très fier de Charlotte. Elle a fait un travail remarquable, car c’est une personne très timide dans la vie.»

Et si le cinéaste comprend que le film puisse déranger certaines personnes, Lars von Trier semble absolument ravi qu’Antichrist suscite autant de réactions.

«Le pire serait l’indifférence. Peut-être que je suis masochiste, au fond.»

Antichrist
En salle dès le 13 novembre

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