Dans la tête de Chantal Petitclerc
La journée du 16 septembre 2008 restera longtemps gravée dans la mémoire de Chantal Petitclerc. Aux Jeux paralympiques de Pékin, ce jour-là, elle s’est vu remettre sa cinquième médaille d’or pour l’épreuve d’athlétisme en fauteuil roulant du 1 500 mètres, après avoir triomphé aux 100, 200, 400 et 8000 mètres.
Dans le livre 16 jours à Pékin (Éditions La Presse), l’athlète québécoise raconte en détail comment elle a vécu ces 24 heures inoubliables, mais aussi ses 15 autres journées dans la capitale chinoise où elle a réalisé son plus grand rêve et terminé sa carrière de coureuse courte piste.
Les victoires, les podiums, les courses : c’est seulement à cet aspect d’une compétition sportive qu’a accès le public. Dans son premier ouvrage, Chantal Petitclerc s’est donc donné pour mission de lever le voile sur les coulisses de son expérience, d’écrire en quelque sorte le making of de son triomphe. Elle souhaitait faire entrer les lecteurs dans sa tête, même s’ils y devraient parfois y découvrir une autre femme que celle qui a animé, tout sourire, les tirages de Loto-Québec.
«Je me suis dit que si j’écrivais ce livre, je le ferais entièrement et honnêtement, affirme l’athlète qu’on découvre parfois, au fil des pages, orgueilleuse, entêtée et superstitieuse. Je voulais montrer que tu peux être une grande championne tout en ayant plein de défauts, des faiblesses et des angoisses.»
Bilan
Mais plus qu’un journal de bord de ses 16 jours à Pékin, le récit de la médaillée constitue un bilan de 20 ans d’une carrière bien remplie. «Le livre m’a permis de prendre conscience de tout ce que mon sport m’a apporté, explique Chantal Petitclerc, qui a subi à 13 ans un accident qui l’a privée de l’usage de ses jambes. Ç’a m’a permis de boucler la boucle.» 16 jours à Pékin permet aussi à l’athlète de pousser quelques coups de gueule, notamment à l’endroit des fédérations sportives canadiennes. «Je trouvais ça important d’émettre des opinions, souligne-t-elle.
Avec mes 20 ans de carrière et une quelques saisons d’entraînement à l’extérieur du Canada, je considère qu’il reste beaucoup à faire sur le plan de la haute performance au Canada, surtout au niveau paralympique. Je ne voulais pas faire de controverse, mais dire que c’est important d’avoir un bon système.»
Dans le dernier chapitre de son livre, l’athlète qui aura 40 ans le 15 décembre se questionne quant à son avenir hors du circuit paralympique. Elle confie qu’elle continuera de s’entraîner, cette fois pour des courses de longue distance, et qu’elle participera au marathon de Boston en avril. Chantal Petitclerc est-elle toujours incertaine quant à son avenir? «J’espère trouver une façon de garder l’écriture dans ma vie, dit-elle. C’est tout ce que je peux dire pour le moment!»
16 jours à Pékin
Aux éditions La Presse
Présentement en librairie
Chantal Petitclerc sera au Salon du livre
Samedi de 12 h à 13 h 30 Dimanche de 16 h 30 à 18 h