Culture

TVA présente Toute la vérité: Au lit avec l'ennemi

C’est pendant l’écriture d’Annie et ses hommes qu’Annie Piérard et Bernard Dansereau ont eu l’idée de Toute la vérité. Fascinés par leur rencontre avec Me Hélène Di Salvo, qu’ils avaient consultée dans le cadre de leurs recherches pour le célèbre téléroman, les deux auteurs avaient exprimé le désir d’explorer l’univers des procureurs de la Couronne.

Présenté à TVA à compter du jeudi 28 janvier, Toute la vérité expore les aléas de la vie d’avocat à travers le personnage de Brigitte (Hélène Florent), une jeune procureure déchirée entre sa carrière et son petit ami criminaliste, Samuel (Patrice Robitaille), dont le travail consiste à innocenter les accusés qu’elle essaie de faire condamner. «La question centrale de la série, c’est est-ce que la défense peut coucher avec la Couronne? résume Danse­reau. Brigitte et Samuel ne sont pas du même bord de la clôture. Ils sont souvent placés devant des situations qui les poussent à s’affronter, ce qui complique les choses.»

Toute la vérité porte peut-être sur le milieu juridique (chaque épisode s’ouvre sur un crime et se ferme avec le verdict du jury), mais ça ne l’empêche pas de s’intéresser à la vie personnelle de ses nombreux protagonistes, et c’est tant mieux.

Parmi les plus colorés, on relève les collègues de Brigitte : Maxime (Émile Proulx-Cloutier) et Sylvain (Éric Bruneau). Le premier intrigue par son air coincé et un béguin inavoué, tandis le second divertit par son comportement de play-boy. Dans le rôle de la meilleure amie journaliste, Geneviève Brouillette fait bon usage de son air frondeur, tout comme Julie Le Breton, qui incarne une consÅ“ur en congé de maternité.

Pour dire «toute la vérité» (jeu de mots involontaire), le point faible de cette série demeure son héroïne. De loin la plus beige de tous les personnages, elle ennuie avec ses angoisses à la Ally McBeal et ses réflexions à la noix («J’ai toujours su que quand je serais grande, je deviendrais soit John Travolta, soit avocate»). Faut dire que la diction hachée de son interprète n’arrange pas les choses. Pour une raison qui nous échappe, Hélène Florent a décidé de reprendre le débit saccadé et irrégulier qu’elle emploie à satiété dans La galère. C’était cute une fois, mais là, c’est carrément irritant.

Au nom de la loi
Histoire de représenter le plus fidèlement possible le milieu juridique, Piérard et Dansereau se sont entourés de trois avocats pendant l’écriture de Toute la vérité. Alors qu’on ne trouve rien à redire sur la justesse des principes de droit exploités dans les deux premiers épisodes (non responsabi­lité pour troubles mentaux, admissibilité de la preuve), les explications un peu trop exhaustives du jargon juridi­que agacent légèrement.

Quoique bien dissimulées dans les dialo­gues, elles donnent parfois l’impression d’assister à un cours de droit pour les nuls. En dépit de ces quelques failles, regarderons-nous la suite de cette série? Sans aucun doute… raisonnable!

Toute la vérité
À TVA
Dès le jeudi 28 janvier à 20 h

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