Culture

Documentaire sur Paul Sauvé: Les 112 jours qui ébranlèrent le Québec

Il y aura 50 ans, le 2 janvier, que disparaissait Paul Sauvé, successeur de Maurice Duplessis à la tête du gouvernement québécois et père inconnu de la Révolution tranquille. Pour souligner sa contribution, Radio-Canada et RDI diffuseront les 25 et 27 décembre, puis le 4 janvier, le documentaire Paul Sauvé, désormais l’avenir! de Paul Carvalho et Paul Labonne. «Dans le tourbillon de la Révolution tranquille, nous l’avons oublié. Mais il est temps de reconnaître son rôle», lance Paul Labonne, coréalisateur et directeur général du Musée du Château Dufresne, où se déroule une exposition sur Sauvé jusqu’au 17 janvier.

Son apport immense est méconnu. «Durant ses 112 jours à la tête de la province, Sauvé a fait adopter 70 projets de loi, dont certains sont à l’origine de la Révolution tranquille. Il a aussi tendu la main à tous les progressistes du Québec pour que la société se modernise», s’enflamme Paul Carvalho, impressionné par la stature et l’Å“uvre du politicien, qui y laissera sa vie.

Un politicien humain et droit
Loin de la froide rigueur du documentaire historique et grâce à un savant amalgame de photographies noir et blanc, de films d’époque et de films en couleur souvent tournés par le politicien lui-même, le film place Sauvé sous un nouvel éclairage, lui restituant son humanité et son sens de l’éthique. Le premier ministre n’hésite pas à demander à une vingtaine de ses députés, dont six ministres, impliqués dans des histoires de corruption de ne pas se représenter aux élections. On découvre aussi sa droiture. Malgré son opposition à la conscription, il s’engage dans l’armée et participe activement à la libération de la France, de la Belgique et des Pays-Bas.

Les documentaristes font table rase de l’image du parfait second entretenu entre autres par la série télévisée Duplessis et présente un Sauvé qui s’oppose régulièrement à son prédécesseur et qui est sensible au vent de la modernité qui s’apprête à souffler sur le Québec. «Nous avons eu la chance d’interviewer trois de ses plus proches collaborateurs : Jeanne D’Arc Le May,  Jean Pelletier et Fernand Dostie», souligne Labonne. Une chance incroyable puisque Pelletier et Dostie décéderont peu de temps après le tournage. «Il n’y a plus beaucoup de témoins de cette époque et nous étions engagés dans une course contre la montre.  Nous affrontions la mort pour sauver la mémoire historique. Et nous avons pu l’enlever des griffes de la mort et de l’oubli», conclut Carvalho.

La fameuse mallette
Le documentaire lève le voile sur la fameuse mallette de Duplessis, longtemps considéré comme un des mystères de l’histoire québécoise. «Fernand Dostie a été le seul témoin de son ouverture par Paul Sauvé et il a accepté de nous en dévoiler le contenu, souligne Carvahlo. On y retrouvait 10 000 dollars, le nom des espions de Duplessis dans le clergé et dans le parti libéral ainsi que le trésor de l’Union nationale, soit 20 à 25 M$ placés en Suisse.» Mais qu’est devenu cet argent? «Ça, je ne le sais pas», rétorque le documentariste avec un sourire. Une réponse qui risque d’alimenter le mystère.

Paul Sauvé, désormais l’avenir! à Radio-Canada le 25 décembre à 21 h et en reprise le 27 décembre à 14 h et à RDI le 4 janvier à 20 h. L’exposition se poursuit jusqu’au 17 janvier au Musée du Château Dufresne.

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