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Gerry Boulet, le gars du peuple

Marc-André Lemieux - Métro

Ce sont des raisons personnelles qui ont poussé Alain DesRochers à prendre les rênes de Gerry, le drame biographique sur le leader d’Offenbach. À l’instar du rockeur, le réalisateur de Musée Éden et de Nitro a grandi dans un petit village sur la Rive-Sud de Montréal, et c’est à force de travail et de persévérance qu’il est parvenu à percer dans son domaine.

«Je voulais montrer que tu peux partir de n’importe où pour devenir quelqu’un», explique Alain DesRochers, rencontré hier à l’Oratoire Saint-Joseph, où il poursuit le tournage du film. Mario Saint-Amand, qui campe le célèbre chanteur à l’écran, partage la vision du cinéaste. «Gerry, c’est un gars qui est venu me chercher par sa fougue, son désir de passer la rampe, explique-t-il entre deux prises. En donnant la parole à un gars qui vient du peuple, j’ai le sentiment de faire mon métier pour de vrai.»

Mario Saint-Amand a dû se battre pour décrocher le rôle tant convoité. Selon ses dires, il a trimé dur rien que pour se tailler une place à l’audition. Mais une fois le processus de sélection entamé, l’acteur de 42 ans a livré une performance si vibrante qu’on l’a pré­féré aux 15 autres candidats en lice. «Quand il est arrivé, ç’a été fulgurant, se rappelle DesRochers. Ce n’était pas seulement une question de ressemblance physique; c’était une question d’esprit. Mario était la personne qui incarnait le spirit de Gerry.»

Même son de cloche du côté de Nathalie Petrowski, qui signe le scénario du film d’après une biographie écrite par Mario Roy. «C’est un mariage idéal. Il a saisi l’énergie de Gerry, affirme la journaliste. Mario, c’est un acteur qui a une grande sensibilité et beaucoup de profondeur.» Le tournage de Gerry se poursuit jusqu’au 8 juin.

Un film rassembleur

cinéma. Gerry arrivera sur les écrans en mars 2011, soit deux ans après la sortie d’un autre long métrage sur une icône du rock québécois, Dédé à travers les brumes. Contrairement au film de Jean-Philippe Duval sur le chanteur des Colocs, celui d’Alain DesRochers couvrira tout le passage sur terre du leader d’Offenbach, de son enfance à sa mort, en 1990, d’un cancer du côlon.

De son propre aveu, Nathalie Petrow­ski n’a pas cherché à réinventer la roue avec Gerry. La scénariste de Miss Météo et de Maman Last Call a signé un biopic conventionnel et non une fable à la Gainsbourg (vie héroïque). «On ne fait pas un film d’auteur; on fait un film rassembleur sur un des pionniers de la musique québécoise, précise-t-elle. Je n’ai pas essayé de faire des guidis-guidis.»

Alain DesRochers révèle pour sa part que l’Å“uvre montrera la dualité du rockeur. «Gerry, il  était à la fois solide et fragile, note le réalisateur. C’était un gars qui aimait rire. C’était pas juste un trouble maker.»

En chiffres

  • Le film comptera une vingtaine de chansons de Gerry Boulet. C’est la voix du rockeur et non celle de Mario Saint-Amand qu’on entendra la plupart du temps. «J’ai laissé Mario chanter quand on relate les débuts de Gerry, à l’époque où il chantait dans un français plus international», indique Alain DesRochers.

  • Gerry est doté d’un budget de 6 M$, et DesRochers en a tiré le maximum. «On a des scènes d’envergure, dit-il. C’est hallucinant!»

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