Spectacle-bénéfice pour Haïti: Le rire après les larmes
Il n’est pas rare de voir les artistes de la chanson unir leurs forces pour venir en aide aux victimes d’un événement aussi tragique que le séisme qui a frappé Haïti en début d’année. En janvier, par exemple, le téléthon Ensemble pour Haïti réunissait les Luck Mervil, Diane Dufresne, Pierre Lapointe et autres Ariane Moffatt pour une soirée riche en musique, mais surtout en émotions.
Quelques minutes avant le lever du rideau, hier soir, au Théâtre St-Denis, les humoristes s’entendaient tous pour dire qu’ils ne souhaitaient pas soutirer des pleurs, mais bien des rires au public venu assister au spectacle-bénéfice Ha-Haïti. «Plutôt que de faire la morale ou de faire brailler les gens, on va les faire rire», déclarait l’auteur François Avard, l’initiateur du rendez-vous avec Louis-José Houde.
La paire a multiplié les appels, il y a de cela plusieurs semaines, afin d’assurer le succès de l’événement. Et comme il fallait s’y attendre, ils ont été nombreux à accepter l’invitation du duo. Parmi les comiques qui devaient fouler les planches du célèbre théâtre du Quartier Latin, on comptait Daniel Lemire, Mike Ward, Rachid Badouri, Patrick Groulx, Cathy Gauthier,
Les Grandes Gueules, Louis Morissette et Jean-Michel Anctil.
«Le tremblement de terre est assez loin dans le temps pour qu’on ne se sente pas mal de se faire du fun, a observé Laurent Paquin, qui se rappelait le douloureux souvenir d’être monté sur scène quelques jours après les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Cette fois-ci, on a juste assez de distance pour que les gens se sentent libres de rire.»
Comme la plupart de leurs collègues, les Chick’n Swell n’ont pas hésité une seule seconde avant d’accepter l’invitation de Louis-José Houde et de François Avard. «C’est toujours le bon moment pour faire un bon geste», disait Daniel Grenier, un des membres du trio. «On se demande tout le temps comment on peut aider, donc quand on a la chance de le faire, on le fait», a ajouté Paquin.
Quelques numéros inédits
Présenté à guichets fermés, le spectacle d’hier devait s’étirer sur près de trois heures. Au menu, quelques numéros inédits, mais surtout des valeurs sûres, histoire de s’assurer que les gens qui avaient payé leur billet en moyenne 65 $ en aient pour leur argent.
Parmi les rares à offrir de nouvelles blagues, citons Martin Petit, Alex Perron et Jean-François Mercier, qui prévoyaient retrouver leurs habits de pêcheurs, selon un concept qui fait fureur chaque été au Festival Juste pour rire. Le trio comptait traiter de sujets d’actualité, mais pas nécessairement d’Haïti.
«Écrire un monologue de qualité sur une catastrophe de cette ampleur, ça peut prendre des mois, et dans mon cas, des années!» s’est exclamé Louis-José Houde en entrevue avec Métro. Le populaire humoriste, qui achevait une longue tournée de spectacles au moment du cataclysme, tenait à se servir de sa célébrité à bon escient.
«Le lendemain, il y avait trois shows de musique de prévus, raconte Louis-José Houde. On s’est dit : « On n’arrête pas de péter de la broue avec nos ventes de billets, c’est impossible qu’on ne fasse rien! »» «Ce n’était surtout pas dans mes plans de monter sur scène une semaine après être tombé en congé, mais pour la cause, je ne me suis pas posé de questions», a ajouté le comique.