Franck Dubosc: Bas les masques!
Impossible de le nier : Franck Dubosc a été profondément touché par la mort de son père. Décédé en 2002, l’ex-douanier n’a jamais vu son fils triompher sur la scène du mythique Olympia de Paris. «Il est parti avec l’impression que j’avais un peu honte de mes origines modestes», raconte l’humoriste en entrevue.
Désireux de rétablir les faits et de prouver le contraire à son paternel, l’humoriste français s’est alors lancé dans l’écriture de Camping – une comédie à succès qui a même fait l’objet d’une suite – et du spectacle Il était une fois… Franck Dubosc, qu’il offrira pour la première fois en sol québécois ce week-end.
Présenté devant près de 400 000 spectateurs en Europe, ce one man show se veut une incursion dans la vie du drôle de play-boy. Pendant deux heures, Dubosc se met à nu et livre ses mémoires : de sa naissance («Les gens disaient à mes parents que j’étais un bébé moche», dit-il aujourd’hui) à son triomphe professionnel dans la trentaine, en passant par son adolescence et son premier appart miteux à Paris.
Ce n’est qu’au terme de son travail de création que le comique a constaté que son paternel n’avait pas eu tort sur toute la ligne. «Avec le recul, je réalise que, plus jeune, je devais éprouver une certaine gêne face à mes racines. J’enviais ceux qui faisaient du ski et de l’équitation», avoue-t-il.
Franck Dubosc n’en sera pas à sa première participation au Festival Juste pour rire lorsqu’il foulera les planches de la salle Wilfrid-Pelletier demain. Au cours de la dernière décennie, le charmeur de ces dames a multiplié les apparitions à la grand-messe montréalaise de l’humour, que ce soit pour coanimer des galas avec son bon ami Stéphane Rousseau ou se produire en solo devant une poignée de spectateurs au Cabaret Juste pour rire, comme à ses débuts en 1999. À l’époque, le comique tentait de percer le marché québécois avec son premier one man show, Du beau, du bon, Dubosc.
Quand on lui demande d’expliquer son succès de ce côté-ci de l’Atlantique, l’ex-coureur de jupons hésite. «Je n’en sais rien, dit-il. Je n’étais pas plus original qu’un autre avec mes anecdotes et mon petit côté Capitaine Bonhomme.» «C’est peut-être à cause de ma franchise, poursuit-il après une longue pause. Quand je suis arrivé avec ce personnage de frimeur prétentieux, qui est souvent l’image que les Québécois ont des Français, j’ai montré que je pouvais me moquer de moi. Les gens ont dû apprécier.»
Si, dans son dernier one man show, Franck Dubosc se plaît à jeter un coup d’Å“il en arrière, il s’amuse aussi à regarder en avant. Avant la tombée du rideau, le comique se projette dans le futur et ce qu’il voit n’a rien de réjouissant : vieux, il se rabat sur le souvenir de son seul amour, le public. Marié depuis l’été dernier et père d’un petit garçon depuis janvier, Dubosc ne craint plus évidemment que cela arrive. «J’ai rencontré le véritable amour avant d’avoir peur que ça se réalise», révèle-t-il.
Il était une fois… Franck Dubosc
Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
Samedi et dimanche, 20 h