Montréal complètement cirque: Tout le monde en piste!
Aucun siège en vue autour de la piste de cirque de la TOHU. Debout, les spectateurs lèvent les yeux vers le haut, mais un cri les ramène à l’ordre : «Attention!» Une femme en tricycle fonce droit sur le public médusé. De l’autre côté de la salle, un «contrepoids humain» se déplace au bout d’une corde pour permettre à une acrobate de se soulever dans les airs.
C’est le concept du spectacle Tabú, création de la troupe galloise NoFit State, présenté en grande première en Amérique sous le chapiteau de la TOHU. «Toute ma carrière, j’ai souhaité changer la relation entre les spectateurs et le spectacle, explique la metteure en scène Firenza Guidi. Le fait que le public demeure debout et ne soit pas en retrait de l’action, cela le pousse à travailler. Quand on est debout, on comprend mieux les symboles, on les tient moins pour acquis. Les gens dans l’auditoire deviennent des spectateurs créatifs.»
Ainsi, des agents faisant partie intégrante du spectacle orienteront les déplacements des gens pour que tout se déroule sans accroc. Le public pourra donc expérimenter la séance de divers points de vue. «Un spectateur européen m’a d’ailleurs déjà dit avoir assisté à quatre représentations, et avoir découvert de nouvelles choses chaque fois!» raconte la metteure en scène.
Issue du milieu du théâtre et des arts visuels, Firenza Guidi n’était pas une experte en matière de cirque lors de la création de Tabú en 2008, ce qui ne l’a pas empêchée de se risquer à «faire des choses presque impossibles». «Ce n’est pas seulement pour obtenir un effet « Wow », soutient-elle. On met le langage circassien au service des spectateurs et non l’inverse.»
Pour Firenza Guidi, l’essentiel dans un spectacle de cirque, c’est qu’on ressente l’humanité et l’ironie dans les performances. Il était aussi important de présenter des artistes «moins parfaits» que ce à quoi on est habitué. «Habituellement, au cirque, on masque la respiration des interprètes, pour donner l’illusion qu’ils ne font aucun effort, dit-elle. Ici, c’est l’inverse : dans un numéro de trapèze, la respiration de l’acrobate sera amplifié. À force de se concentrer sur l’habileté et la perfection, on oublie l’humain derrière.»
Tabú
À la TOHU
Du 12 au 25 juillet