Culture

Festival Regard: l’animation à l’honneur

Festival Regard: l’animation à l’honneur
Photo: Collaboration spécialeLe film français Riviera a raflé les grands honneurs du festival Regard de Saguenay.

Le Grand Prix du 23e festival Regard, consacré au court métrage, est allé à un film d’animation français: Riviera, de Jonas Schloesing.

Composé du cinéaste Jeremy Comte, du comédien Emmanuel Schwartz, de la cinéaste Geneviève Dulude-De Celles et des programmateurs Nicholas O’Neill et Tizian Büchi, le jury a récompensé un film traitant de l’isolement, de la vieillesse et de la dégénérescence propre à la maladie d’Alzheimer.

Le film de Jonas Schloesing traite de ces thèmes tout en laissant un grand espace à l’ambiance sonore et au temps qui passe.

Le tout est personnifié par le personnage de M.Henriet, qui regarde les voisins avec ses jumelles dans son complexe d’appartements privés justement nommé Riviera. Le film a également raflé le Prix du meilleur film d’animation (1000$).

Le jury a décerné hier 12 prix et 4 mentions, en présence des invités et des acteurs du milieu du court métrage.

«Je suis ravie de voir qu’autant les valeurs sûres que les nouveautés ont su combler le public», a déclaré la directrice du festival, Marie-Élaine Riou. 

«Les efforts de toute mon équipe sont récompensés par la réaction du public et des invités professionnels. On sent que Regard signifie vraiment quelque chose dans la vie des cinéphiles.»

Le Grand Prix canadien (5000$ en argent et 25 000$ en services) a été remis au film Juste moi et toi, de Sandrine Brodeur-Desrosiers.

Le jury récompense ainsi un film sur la relation père-fille tout en traitant du phénomène de la migration des populations dans un contexte tendu aux États-Unis.

Ce court métrage en forme de road trip entre Montréal et le Mexique avec un papa roumain conducteur de 18 roues et sa fille permet une incursion de l’intérieur qui met brillamment en contexte deux histoires de migration.

«Une fois de plus, vous nous avez donné une raison de continuer à tout donner pour vous offrir le meilleur des festivals.» – Mélissa Bouchard, directrice de la programmation du festival Regard, tenant à remercier le public de Saguenay pour son enthousiasme.

Le Prix du jury (2000$) est allé à la Belge Delphine Girard pour son film Une sœur, qui avait précédemment remporté les honneurs au Festival du film francophone de Namur. Une mention a été accordée au drame Brotherhood, de Meryam Joobeur, un film important qui traite du difficile retour à la maison d’un combattant de Daech. 

Le Prix du meilleur documentaire (1000$) a été accordé à Suspension d’audience de Nina Marissiaux, une incursion poignante dans une cour de justice. On pourrait y voir un hommage aux documentaires judiciaires de Raymond Depardon, hormis que le film de la réalisatrice belge se concentre surtout sur les spectateurs venus assister à ces procès.   

Le Prix de la critique internationale FIPRESCI pour le meilleur court métrage canadien a été remis à Annick Blanc pour La couleur de tes lèvres, un film qui explore la forme de façon merveilleuse par le truchement d’un récit post-apocalyptique mettant en scène un plongeur et une femme.

Le jury de l’Association internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI) a aussi choisi d’accorder une mention à Forêt noire, réalisé par des talents de la région, Jean-Marc E. Roy et Philippe David Gagné.

En rafale, le Prix de la critique québécoise AQCC a récompensé Le champ de maïs de la cinéaste Sandhya Suri. Le Prix Tourner à tout prix!, qui récompense un film réalisé sans aide financière, a été accordé au court métrage Le déménagement, réalisé par Gabriel Vilandré.

«Il s’est passé quelque chose de magique cette année. Les films, les invités et surtout notre merveilleux public m’ont tiré, à plus d’une reprise, quelques larmes de bonheur et de fierté», a confié la directrice de la programmation, Mélissa Bouchard. 

Le festival a encore une fois été un succès sur le plan de l’achalandage en salles. Certaines projections ont été dédoublées pour permettre au plus grand nombre d’assister aux programmes.

Les nuits du festival ont répondu à la soif des spectateurs et à leur envie de chanter tard dans la nuit, la rue Racine s’offrant de nouveau aux amants du karaoké.

Jusqu’au 28 mars, Regard en prolongation permet à ceux qui n’ont pu assister au festival de regarder certains films sur le web.

Plus de détails sur le site de lafabriqueculturelle.tv