Year of the Carnivore: Douce provocation
La comédienne, cinéaste, musicienne et présentatrice télé Sook-Yin Lee avait causé tout un émoi à l’époque où elle a joué, dans Shortbus, une scène de sexe très explicite. Si elle soutient avoir réalisé une comédie sentimentale plutôt charmante, Sook-Yin Lee admet avoir une tendance légèrement provocatrice que l’on retrouve dans Year of the Carnivore, son premier long métrage.
«Je ne peux pas m’en empêcher, ricane-t-elle. J’ai besoin de pousser les gens, de traiter de sujets compliqués de façon joyeuse.» C’est sa propre histoire qui a inspiré la prémisse du film. «Quand je suis tombée amoureuse pour la première fois, j’étais très timide, un peu bizarre, et j’avais de la difficulté à communiquer, raconte-t-elle. Mais j’étais amoureuse par-dessus la tête.»
C’est de ce point de départ qu’est née l’histoire de Sammy, une jeune fille amoureuse de Eugene, un musicien qui a peur de l’engagement. Après une première tentative de nuit d’amour qui échoue lamentablement, Sammy décide d’acquérir de l’expérience sexuelle pour pouvoir séduire l’élu de son cÅ“ur. «Le film parle d’amour, de sexe, mais aussi de la recherche d’appartenance et de compréhension, explique la réalisatrice.
Des acteurs pour rire et pour pleurer
Pour interpréter Sammy, après une longue recherche, la réalisatrice a finalement jeté son dévolu sur Cristin Milioti, une comédienne de théâtre new-yorkaise. «Je ne pouvais pas me permettre d’avoir recours à de grandes vedettes, et de toute façon, les vedettes ont souvent leur petite attitude…» La réalisatrice est immédiatement tombée amoureuse de Cristin Milioti. «C’est une véritable Buster Keaton au féminin, elle a un jeu très expressif, très drôle!»
L’humour est un ingrédient que Sook-Yin Lee chérit. «Le rire peut rendre moins difficiles même les pires situations, affirme-t-elle. Pour mon film, je souhaitais avoir des acteurs qui seraient capables de m’émouvoir et de me faire rire, et aussi qui seraient assez braves pour être vus sous un jour imparfait.» Ainsi, le personnage de Eugene, interprété par Mark Rendall, n’a rien de la gueule d’ange qu’on voit généralement au cinéma.
«Mais ce n’est pas un salaud, précise la réalisatrice. Il est juste effrayé par l’amour. La plupart des garçons que j’ai auditionnés le jouaient comme un trou de c…, ce que je ne souhaitais pas, parce que je m’inspirais d’une personne que j’aime. Mark, lui, a saisi la nuance du personnage.» C’est à cause de sa façon de fonctionner, croit-elle, que des scènes qui auraient pu être choquantes passent aussi bien.
«Quand Sammy utilise le vibrateur de son employeuse, étendue entre les deux bébés qu’elle garde, ce n’est pas vulgaire, croit-elle. Elle est curieuse mais elle ne veut pas laisser les bébés sans surveillance… c’est naturel, c’est naïf. Je crois qu’on est si habitué à ce que le sexe soit associé à la violence, au cinéma, qu’on éprouve un malaise avec des choses tout à fait naturelles.»
Year of the Carnivore
En salle dès aujourd’hui