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Y'en aura pas de facile: Un plan B de catégorie A

Marc-André Lemieux - Métro

Marc-André Lavoie l’avoue d’emblée : Y’en aura pas de facile, c’était son plan B. Incapable de trouver du financement auprès des institutions pour tourner Extra, extra, une comédie sur les extraterrestres, le réalisateur s’est vu dans l’obligation de recourir à sa première solution : un nouveau film choral. «C’est un modèle d’affaires, explique celui qui nous avait offert Bluff en 2007. Quand tu fais un film sans sous, il y a bien des choses qui changent. Tu dois porter plusieurs chapeaux à la fois. Dans mon cas, je suis devenu producteur, éclairagiste, aide-réalisateur… Je n’aurais pas pu tenir 30 jours dans ces conditions. Le monde serait venu à mes funérailles après! J’ai donc écrit cinq petites histoires qu’on pouvait tourner en bloc.»

Marc-André Lavoie a beau s’être contenté d’un plan B, ça ne l’a pas empêché de réunir un casting de catégorie A. Y’en aura pas de facile compte sur la participation d’une douzaine de visages très connus des cinéphiles, dont Rémy Girard, Patrice Robitaille, Denis Bouchard, Claude Legault, Emmanuel Bilodeau, David Boutin et Suzanne Clément. Et avons-nous omis de citer Rachid Badouri, qui y tient son premier rôle au grand écran?

«Les comédiens ne viennent pas pour le cachet, ça c’est sûr; tout le monde est payé au salaire minimum. Ils viennent parce qu’ils aiment le principe, affirme Lavoie. Je n’aurais pas pu mobiliser de si grandes stars, sans préavis, pour un mois complet. Pour chaque petite histoire, on avait au gros maximum cinq jours de tournage.»

Difficile à croire, mais Marc-André Lavoie s’est inspiré – en partie – de sa propre vie pour construire chacun des mini scénarii de Y’en aura pas de facile, du voleur de portefeuille qui tombe sur un billet de loterie gagnant au policier qui tombe amoureux d’une escorte, en passant par l’architecte dépressif pourchassé par un tueur à gages. De tous les segments du long métrage, celui mettant en vedette Mahée Paiment et Pierre-Luc Brillant occupe une place spéciale dans le cÅ“ur du réalisateur. Il s’agit du récit d’une jeune femme sexy qui choisit de s’enlaidir pour trouver l’âme sÅ“ur.

«J’ai eu le cancer à ma première session à l’université, raconte Lavoie. À cause de la chimio, je n’avais plus de cheveux, j’étais maigre. Personne ne me parlait et, pourtant, je suis quelqu’un de très sociable! Une fois mes traitements finis, j’ai repris du poids et des couleurs… et les gens ont recommencé à m’adresser la parole.»

Marc-André Lavoie reconnaît que les restrictions budgétaires l’ont poussé à faire preuve d’originalité, à sortir des sentiers battus. «Le cinéma, c’est un peu toujours la même affaire : il y a un début, un milieu et une fin. À cause des contraintes, j’ai dû changer de style scénaristique. Je n’ai rien inventé. Avant Bluff et Y’en aura pas de facile, il y a eu Crash, Babel, Pulp Fiction… Mais je dois admettre que c’est un genre qu’on ne voit pas souvent au Québec.»

«Je ne pense pas avoir fait un chef-d’Å“uvre, mais je ne pense pas avoir fait un navet non plus, ajoute-t-il. Une chose est sûre, c’est mieux que de rester chez nous et de chialer contre les institutions!»

Surprise, sur prise
Les films chorals réunissent un si grand nombre d’acteurs dans un si grand nombre d’histoires qu’il n’est pas rare que certains d’entre eux ne se croisent jamais sur le plateau de tournage. Parlez-en à Denis Bouchard, qui n’a appris que récemment que Rémy Girard tenait un rôle clé dans Y’en aura pas de facile. «J’ai croisé Rémy au mois de mai et il m’a dit : « Je joue dans la nouvelle comédie de Marc-André Lavoie. » Et je lui ai répondu : « Moi aussi! »»

Y’en aura pas de facile
En salle dès le 27 août

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