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Podz: Sans détours

Marc-André Lemieux - Métro

Quand Podz a quel­que chose à dire, il ne passe pas par quatre chemins. À l’écran comme dans la vie, il se tient loin des intermédiaires. «Je n’aime pas le flafla. Je n’aime pas les détours, décla­re le réalisateur. Au cinéma, je ne tripe pas sur l’approche « soyons cute ». Je préfère aller au cÅ“ur du sujet rapidement.» À la lumière de ces révélations, on ne s’étonne pas de la façon dont le cinéaste a choisi de commencer son dernier film.

10 ½ raconte la troublante histoire de Tommy (Robert Naylor), un enfant rebelle de 10 ans et demi bien connu des servi­ces sociaux. Rejeté par ses parents, il ne connaît qu’un seul langage, celui de la violence. Envoyé dans un centre jeunesse où la plupart des intervenants le jugent irrécupérable, ce petit animal sauvage tissera des liens avec Gilles (Claude Legault), son nouvel éducateur attitré, qui tentera de comprendre et de corriger son comportement autodestructeur. «Ma démarche est juste et honnête : il faut prendre le spectateur et lui faire réaliser que ce n’est pas le portrait d’une enfance norma­le qu’il s’apprête à voir, note Podz à propos des premières images de 10 ½. On a longtemps discuté de cette scène à l’étape du montage. J’ai pensé la couper, mais en  bout de ligne, elle illustre en peu de temps – et d’une façon un peu choquante, j’en conviens – ce que cet enfant-là vit tous les jours. Il n’a aucune supervision. Il est laissé à lui-même!»

L’ouverture n’est pas la seule séquence de 10 ½ qui suscitera des discussions lorsque le drame prendra l’affiche le 29 septembre. Dans le rôle du délinquant aux cheveux ébouriffés, Ro­bert Naylor impres­sionne. Initié au théâtre dès l’âge de cinq ans, ce passionné d’histoire travaille beaucoup dans le milieu anglophone. On le verra d’ailleurs au cinéma américain dans le très attendu Immortals, de Tarsem Singh, où il apparaîtra aux côtés de Mickey Rourke et de Freida Pinto.

Naylor admet que le tournage de 10 ½ n’a pas été de tout repos. Signé Claude Lalonde (Les trois p’tits cochons), le scénario du long métrage comprenait plusieurs scènes chargées au cours desquelles le jeune comédien devait incarner Tommy en période de crise. «Physiquement, c’était dur. Quand j’arrivais chez moi, le soir, j’étais épuisé. J’avais des bleus sur tout le corps, raconte la star du film. Mais après quelques jours, tu t’habitues à dépenser toute cette énergie-là. Pour garder le moral, on déconnait entre chaque prise. On ne restait pas dans un mood sombre. Pendant l’heure du dîner, on jouait même au hockey bottine!»

Fidèle à lui-même, Podz  (de son vrai nom Daniel Grou) privilégiait l’approche directe quand venait le temps d’aborder les thèmes plus délicats de 10 ½ avec Robert Naylor. «Mon attitude avec Claude était la même qu’avec Robert : je lui parlais de la scène, de la psychologie et des enjeux le plus honnêtement possible, raconte-t-il. Quand t’es réalisateur, tes angoisses, tu gardes ça pour toi. Tu ne les montres pas. Si tu capotes trop, si t’en mets trop, ça fait juste inquiéter le monde autour de toi.»

Podz à l’étranger
Le cinéaste poursuit une carrière florissante, tant au Québec qu’à l’étranger.

  • France

Il vient de terminer le montage de la première saison de Xanadu, une
série pour la chaîne Arte. Il tournera probablement la deuxième saison
en 2011.

  •     États-Unis

Depuis le passage de son film Les 7 jours du Talion au Festival de Sundance, les portes se sont ouvertes. «J’ai un agent et des meetings en attente, mais je n’ai pas encore trouvé le temps d’y aller», dit-il.


10 ½
En salle dès le 29 octobre

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