Michèle Dionne: Missions en photos
Depuis 11 ans, entre les campagnes électorales, Michèle Dionne délaisse son mari, le premier ministre Jean Charest, et s’envole vers des pays dévastés pour y représenter la Croix-Rouge. Avec son appareil photo, elle a capté les sourires et les regards pénétrants des gens qu’elle a rencontrés. Parmi les milliers de clichés qu’elle a pris en Inde, en Chine, au Libéria, à Madagascar, en Haïti et en Ukraine, elle en a choisi une centaine pour son livre, intitulé Missions, qui servira à amasser des fonds pour l’organisation humanitaire.
Pourquoi avez-vous décidé de publier un livre de photos?
C’est une première pour la Croix-Rouge. Il faut trouver des façons différentes de faire connaître l’engage-ment humanitaire. Ce livre, ce sont les gens que j’ai rencontrés. Il y a beaucoup de portraits. J’aime le sable sur le visage des enfants et les gouttes de sueur. Je trouve cela beau.
Est-ce que des gens ont refusé d’être photographiés?
À l’occasion. Des gens m’ont fait signe de la main et j’ai respecté cela. Je leur ai souri et je suis allée voir d’autres personnes.
Que faites-vous lorsque vous êtes en mission pour la Croix-Rouge?
Ce sont des missions de reconnaissance. On rencontre les responsables de la Croix-Rouge. Parfois, on rencontre les chefs d’État et les bénévoles. Pour eux, c’est important de nous montrer les projets qu’ils réalisent. C’est aussi important de leur montrer qu’on s’intéresse à ce qu’ils font. Ils sont heureux. Ils nous prennent par la main. Ils nous racontent leur histoire. Il y a des histoires difficiles, mais elles confirment notre engagement parce qu’on est là pour les aider.
Y a-t-il des histoires qui vous ont plus marquée?
À Madagascar, il y avait une mère qui portait son enfant sur son dos. Elle avait attaché sa petite tête à la sienne parce qu’il était dans le coma. Mais elle est allée voir la Croix-Rouge trop tard. Elle devait aller à l’hôpital, mais on ne savait pas si le petit allait survivre.
Vous dites que vous ne vouliez pas que votre livre soit misérabiliste. Est-ce que le choix des photos a été difficile?
Il y a eu beaucoup de coups de cÅ“ur. Celle de la jaquette a été la première que j’aie choisie. Je l’ai prise en Inde. La dernière du livre est une dame haïtienne qui regarde au loin. Pour moi, elle évoque l’espoir. Quand je l’ai prise, j’étais dans une jeep. Je n’ai pas eu le temps de baisser la vitre. Il fallait que je prenne vite la photo. Après, la dame m’a regardée et elle m’a fait un sourire en coin.
Missions
Michèle Dionne
Les Éditions La Presse