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«Waves»: la turbulence des fluides

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Waves prend l'affiche le 6 décembre. Photo: Collaboration spéciale avec IMDB

La vague déferlante autour de Waves pourrait bien faire de ce film de Trey Edward Shults le Moonlight de 2019.

Le cinéma de Trey Edward Shults n’est jamais à court de familles unies qui s’érodent devant les circonstances et le passage du temps. Ce fut le cas de son précédent film, It Comes at Night, une œuvre horrifique qui a fait de lui l’un des cinéastes les plus prometteurs de sa génération. Puis c’est maintenant le cas de Waves, qui va bien plus loin que les nombreux drames adolescents arrivant régulièrement sur les écrans. Surtout que dans son art, les gentils et les méchants n’existent pas.

 «Il n’y a que des humains comme toi et moi, rappelle le cinéaste américain au bout du fil. Des êtres imparfaits capables de bonnes et de mauvaises choses. J’aime les nuances de gris, ce qui se trouve entre les extrêmes. Avant de juger, mieux vaut être empathique afin d’essayer de comprendre l’autre.»

Littéralement construit comme des vagues, avec ses sommets vertigineux et ses creux destructeurs, ce récit extrêmement personnel s’articule autour des enfants d’une famille aisée qui tentent de survivre au difficile monde de l’amour, des drogues et de la masculinité toxique. Ils sont le yin et le yang d’un ressac ambitieux qui suit d’abord le destin du fils (Kelvin Harrison Jr., de l’inoubliable Luce), avant de s’attarder à celui de sa sœur (Taylor Russell, vedette
d’Escape Room). 

«Je crois que grâce aux films, on peut vivre, voir et respirer à travers une autre personne. C’est un véritable privilège, parce que l’existence nous contraint à notre seul point de vue.» Trey Edward Shults, réalisateur de Waves

«Je n’ai jamais vu un diptyque construit de cette façon, affirme le réalisateur et scénariste de 31 ans. J’ai écrit et tourné suffisamment de matériel pour faire deux films. Le plus grand défi fut le montage, qui s’est échelonné sur une année, pour que les deux parties s’emboîtent parfaitement.»

Une dualité qui est poussée jusque dans ses moindres retranchements alors que le paradis énergique et coloré côtoie l’enfer aux mélodies anxiogènes et cauchemardesques, où le cadre de l’image se resserre constamment sur les personnages afin d’engloutir leurs bonheurs, leurs espoirs et leur liberté.

«C’est une façon d’entrer dans la tête des protagonistes, explique celui qui s’est fait connaître en 2015 avec son premier long métrage, Krisha. Je voulais créer une expérience émotionnelle, immersive, pour qu’on ait l’impression de vivre les sentiments avec eux.»

Bercé par une caméra expressionniste qui semble survoler en permanence les âmes en les embrassant tendrement et par une poésie ancrée dans le sacré, Waves ne peut qu’évoquer le cinéma de Terrence Malick.

«Il est là quelqu’un part, je le sens, avoue Trey Edwards Shults, qui a tout lâché à l’âge de 19 ans pour travailler avec le mythique cinéaste, notamment sur Tree of Life. Il a complètement changé ma vie. C’est quelqu’un au style unique qui me pousse à trouver ma propre voix.»

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