Culture
05:00 6 mars 2020 | mise à jour le: 13 mars 2020 à 10:14 Temps de lecture: 5 minutes

7e ciel: Cette semaine, Métro craque pour «C’est comme ça que je t’aime», «L’inframonde»…

7e ciel: Cette semaine, Métro craque pour «C’est comme ça que je t’aime», «L’inframonde»…
Photo: Radio-CanadaLes 10 épisodes de C’est comme ça que je t’aime, écrits par François Létourneau et réalisés par Jean-François Rivard, sont disponibles sur l’Extra de TOU.TV.

Métro vous présente ses coups de cœur en culture et… l’évènement qui la désole

1. C’est comme ça que je t’aime

Couchez les petits (ou déposez-les au camp) et sortez le champagne: le tandem derrière Série noire et Les invincibles est enfin de retour! Après avoir vu quatre épisodes de sa nouvelle création, on peut dire que C’est comme ça que je t’aime atteindra vite le statut de série culte. Et pour cause, on y retrouve un quatuor cinq étoiles (François Létourneau, Marilyn Castonguay, Patrice Robitaille et Karine Gonthier-Hyndman) épaulé par des personnages secondaires hallucinants (trois mots: René Richard Cyr), un humour noir et mordant parsemé de répliques mémorables et, surtout, un récit hyper original. Dans la banlieue de Québec des années 1970, deux couples à la dérive se découvrent une passion pour la criminalité. Le portrait d’époque est épatant, tant par la superbe direction artistique (vive les chemises en rayonne et les moustaches!) que la peinture des mœurs, marquées par la montée du féminisme et le syndicalisme. On est impatient de voir la suite. Marie-Lise Rousseau

2. Courir l’Amérique

On s’attendait à un cours d’histoire, mais on a plutôt eu droit à une leçon de théâtre. Inspiré des ouvrages de Serge Bouchard et de Marie-Christine Lévesque sur les oublié(e)s de l’histoire, Courir l’Amérique emprunte des voies très modernes, tant dans la forme que dans le propos. Mêlant les destins de personnages historiques effacés et de femmes autochtones disparues, l’œuvre créée par Alexandre Castonguay, Soleil Launière et Patrice Dubois se veut un intéressant remue-méninges sur la construction de l’histoire et de la mémoire. Au théâtre de Quat’Sous jusqu’au 28 mars. Benoit Valois-Nadeau

3. L’inframonde

Dans la réalité virtuelle, tous nos gestes paraissent sans conséquence. Mais qu’en est-il quand les actes les plus sordides sont banalisés, voire valorisés, dans cet autre monde qui occupe une place de plus en plus grande dans nos vies? Cette pièce, basée sur un texte poignant de la dramaturge américaine Jennifer Haley, traduit par Étienne Lepage, aborde avec brio les problèmes éthiques liés à la cyberdépendance et à ses dérives. Une pièce engagée qui fait réfléchir. À La Petite Licorne jusqu’au 3 avril. Zacharie Goudreault

4. Le Casanova de Montréal

Ennuyant, le West Island? Votre perception de ce secteur changera assurément après l’écoute des six épisodes de ce balado sur Sheldon Ludwick, homme d’affaires et séducteur qui a berné et fraudé des dizaines de personnes, parfois pour des centaines de milliers de dollars. La journaliste Brigitte Noël retrace son choquant, mais fascinant parcours en partageant les témoignages accablants de ses proies: ex-conjointes, partenaires d’affaires et personnes vulnérables. Car Ludwick s’est aussi improvisé «coach en sobriété» pour arnaquer ses victimes. Sur QUB radio. Marie-Lise Rousseau

5. La course à l’espace

Votre pré-ado a des envies de devenir la prochaine Julie Payette ou le prochain David Saint-Jacques? On vous suggère de lui offrir La course à l’espace, ouvrage jeunesse richement documenté qui retrace les grands moments de la conquête spatiale, des années 1950 à aujourd’hui. En plus du texte richement documenté de Clive Gifford, on craque pour les superbes illustrations rétros du dessinateur Paul Daviz. Aux éditons La Pastèque. Benoit Valois-Nadeau

6. Métier critique

En critiquant cet ouvrage dans un si petit espace, on donne raison à la journaliste et essayiste Catherine Voyer-Léger, qui déplore la faible importance accordée à la critique culturelle dans les médias. En plus de dénoncer les dérives que prend la couverture des arts en général, notamment en misant sur les vedettes ou en se pliant aux contraintes promotionnelles de l’industrie, l’autrice rappelle avec raison l’importance de la critique, qui est une réflexion essentielle et un dialogue d’intérêt public autour d’une œuvre. Ajoutez à cela un chapitre consacré aux dilemmes moraux auxquels fait face la profession – comme les affaires SLAV, Kanata ou Matzneff –, et vous conviendrez de la pertinence de publier une réédition de cet essai six ans après sa parution. Aux éditions Septentrion. Marie-Lise Rousseau

7. Femme ta gueule, le film

Après plus de 400 représentations, Mariana Mazza boucle la boucle de son premier one woman show. Allant bien au-delà de la simple captation sur scène, Femme ta gueule, le film transpose le spectacle dans la «vraie vie», parfois devant public, parfois avec des comédiens. Les moments les plus réussis
(et les plus hilarants) sont sans doute ceux où l’humoriste livre ses monologues devant les publics «concernés», comme son numéro sur la masturbation devant des ados ou celui sur la vieillesse dans une résidence pour personnes âgées. Disponible dès dimanche en vidéo sur demande. Benoit Valois-Nadeau

Et on se désole pour…
Le cinéma français

Une semaine s’est écoulée et on n’en revient toujours pas de la décision de l’Académie des César, qui, en pleine vague #MeToo, a attribué à Roman Polanski, accusé de plusieurs agressions sur des mineures, le prix de la Meilleure réalisation. Et on n’en revient encore moins de la fracture qui divise le milieu cinématographique français. Après que l’actrice Adèle Haenel eut quitté la salle du gala pour protester, de grosses pointures comme Isabelle Huppert et Lambert Wilson ont publiquement pris la défense du réalisateur. Parce qu’on est en 2020, il serait temps que la France dise aussi #MoiAussi. Benoit Valois-Nadeau

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