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Grammys: le sacre d'Arcade Fire

Arcade Fire a créé la surprise dimanche soir aux Grammys en remportant le prix de l’Album de l’année pour The Suburbs. «Merci à Montréal! Merci à tout le monde au Québec!» a lancé en français une Régine Chassagne surexcitée. Le chanteur du groupe, Win Butler, a profité de l’occasion pour remercier le Québec d’avoir donné «une maison» à son groupe. La consécration d’Arcade Fire survient 14 ans après celle de Céline Dion, qui avait elle aussi remporté, en 1997, le prix de l’Album de l’année pour Falling into You.

Arcade Fire est parvenu à coiffer plusieurs grosses pointures au fil d’arrivée, dont Eminem, Lady Gaga et Katy Perry. Le triomphe d’Arcade Fire est d’autant plus étonnant qu’un peu plus tôt dans la soirée, le groupe avait plié l’échine dans les deux autres catégories où il figurait : Meilleur album alternatif et Interprétation rock par un groupe vocal. Dans les deux cas, la Recording Academy a préféré les Black Keys.

Autre détail à souligner, Arcade Fire a eu l’honneur de clôturer la cérémonie avec non pas une, mais deux chansons. Sur la scène des Grammys pour la première fois de sa carrière, le groupe a décoiffé l’auditoire grâce à sa furieuse Month of May, qu’il a agrémentée de jeux de lumière et… de mini-BMX. Énergique, le numéro a sans doute réveillé les téléspectateurs qui, à 23 h 15, commençaient à bâiller aux corneilles.

Après leur victoire, les membres d’Arcade Fire sont retournés derrière leurs instruments pour jouer Ready to Start. S’il s’est avoué vaincu (par Arcade Fire) dans la catégorie la plus importante du gala, Lady Antebellum est tout de même sorti gagnant avec cinq prix, dont ceux de la Chanson et de l’Enregistrement de l’année. Un impressionnant doublé que le trio country a réussi à réaliser grâce à son ver d’oreille, Need You Now.

Finaliste à 10 reprises, soit plus que tout autre artiste cette année, Eminem est notamment reparti avec le prix du Meilleur album rap pour Recovery. Lady Gaga a aussi tiré son épingle du jeu en raflant la palme de l’Album pop vocal pour The Fame Monster, en plus de remporter le prix de l’interprétation pop vocale féminine pour son succès Bad Romance.

Autre surprise de taille : Esperanza Spalding a été sacrée Révélation de l’année devant les Canadiens Justin Bieber, Drake, Mumford & Sons et Florence + The Machine.

De tout pour tout le monde
Côté prestations, la Recording Academy avait organisé une soirée qui en mettrait plein les oreilles. La cérémonie a débuté en fanfare avec un vibrant hommage musical à Aretha Franklin, gracieuseté de Jennifer Hudson, Christina Aguilera, Martina McBride, Florence Welch et Yolanda Adams. Même si on avait, par moments, l’impression d’assister à un concours d’habileté vocale (les cinq interprètes se livraient parfois à une surenchère du trémolo), le numéro a fait boule de neige, décoiffant l’auditoire à plus d’une reprise. Christina Aguilera en a profité pour racheter sa bévue du Super Bowl, où elle avait oublié une phrase de l’hymne national. La chanteuse a impressionné en atteignant des notes qui auraient donné le vertige à la plupart de ses consÅ“urs.

Deux jours après la sortie de son nouveau titre, Born this Way, que la criti­que compare à Express Yourself de Madonna, Lady Gaga en a rajouté en proposant un numéro saisissant, certes, mais semblable à ce que la Material Girl a l’habitude de présenter. La jeune star portait même une longue queue de cheval blond platine, évoquant l’un des plus célèbres looks de la madone.

Après un tour de chant plus ou moins convaincant de Miranda Lambert, le trio britannique Muse a offert l’électrisante The Uprising. Bruno Mars, B.o.B et Janelle Monae ont livré un des meilleurs numéros du gala grâce à un pot-pourri de leurs tubes respectifs, Grenade, Nothin’ on You et Cold War.

Justin Bieber s’est pour sa part produit avec son mentor, Usher. Hormis une introduction quétaine à souhait (une mise en scène fleur bleue au cours de laquelle les deux chanteurs s’échangeaient des répliques clichés comme «c’était écrit dans le ciel»), la prestation haute en couleur (et en mouvements de danse), s’est révélée efficace. Notons aussi une brève apparition du fiston de Will Smith, Jayden, pour un petit rap.

Ceel Lo Green a injecté une dose d’humour au rendez-vous lorsqu’il s’est installé derrière son piano affublé d’un costume d’oiseau exotique et d’un casque de chevalier (!) pour la version censurée de son tube F*ck You, Forget You. Entouré d’une joyeuse bande de marionnettes qui lui servaient de choristes, le chanteur a poussé la note en compagnie de  Gwyneth Paltrow, qui ne s’est pas laissé éclipser grâce à des vocalises d’une étonnante justesse et surtout, à une combinaison noire très moulante et décolletée.

Dans un numéro dédié aux «amants de la Saint-Valentin», Katy Perry a entonné avec aplomb son tube Teenage Dream après nous avoir quelque peu écorché les oreilles avec une ballade rose bonbon. Fidèle à son habitude, Eminem a démontré une grande intensité lors de son passage sous les projecteurs. Accompagné de Rihanna, avec qui il a chanté Love the Way You Lie, le rappeur a sorti les griffes – et son débit aussi rapide qu’enragé – pour I Need a Doctor, avec Dr. Dre. Rihanna est retournée sur scène un peu plus tard durant la soirée avec Drake, sur qui elle se frottait avec énergie au son de What’s my Name.

Finalement, Mick Jagger a écrit une page d’histoire en se produisant pour la première fois sur la scène des Grammys. Le rockeur de 67 ans a montré de quel bois il se chauffait sur l’air d’un morceau du répertoire du soulman Solomon Burke. Se démenant comme un diable dans l’eau bénite, le leader des Rolling Stones a enchanté la foule, qui est restée debout tout au long de sa prestation.

Les gagnants
Grand favori, Eminem a gagné le prix du Meilleur album rap pour Recovery.

  • Album de l’année : The Suburbs d’Arcade Fire
  • Enregistrement de l’année: Need You Now de Lady Antebellum
  • Chanson de l’année : Need You Now de Lady Antebellum
  • Révélation de l’année : Esperanza Spalding
  • Meilleure performance pop féminine : Bad Romance de Lady Gaga
  • Meilleure performance pop vocale féminine : Bad Romance de Lady Gaga
  • Meilleure performance pop vocale masculine : Just the Way You Are de Bruno Mars
  • Meilleur album pop : The Fame Monster de Lady Gaga
  • Meilleur enregistrement dance : Only Girl (In the World) de Rihanna
  • Meilleur album rock : The Resistance de Muse
  • Meilleur album rap : Recovery d’Eminem
  • Meilleur album R&B contemporain: Raymond vs Raymond d’Usher

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