Billy Elliot devient un guerrier musclé
Alors qu’il était au début du tournage de The Eagle (L’aigle de la 9e légion), Jamie Bell a appris que l’histoire d’un soldat romain (Channing Tatum) et d’un esclave (Jamie Bell) traversant les contrées sauvages de l’Écosse à la recherche d’une légion perdue ne serait pas une simple promenade champêtre. Métro s’est entretenu avec lui.
À quel point maîtrisez-vous le gaélique?
Je ne me souviens même plus vraiment de mes répliques du film! Mais j’ai plus ou moins dû tout apprendre du début. On a tourné plusieurs scènes en Écosse, et il y avait quelques pages de dialogues pour lesquelles il fallait être assez à l’aise, pour que ça soit authentique et crédible quand on tournerait. J’ai dû apprendre les dialogues phonétiquement, un peu comme quand il faut que j’apprenne un accent. C’est très évident quand ça ne fonctionne pas, ça ne sonne pas du tout comme du gaélique. Ça sonne comme du charabia!
Le tournage de ce film a été assez exigeant physiquement, n’est-ce pas?
Vers la fin, il y a plusieurs scènes où nous étions emportés dans des rivières, où nous tombions dans l’eau la plus froide que vous pouvez imaginer… Entrer dans une eau aussi froide, ça écrase la poitrine, c’est très difficile de reprendre son souffle, et le rythme cardiaque s’emballe. Le cerveau nous envoie des messages du genre : « Tu sais, si tu ne sors pas d’ici, tu vas mourir. » J’ai réussi à faire ça deux fois avant que les docteurs me disent que je ne pouvais pas continuer, et c’est le moment où le réalisateur, Kevin McDonald, m’a supplié d’y retourner. Et j’ai eu l’impression de le laisser tomber, parce que je ne pouvais littéralement pas recommencer. Je ne suis pas très résistant quand je suis dans l’eau, et encore moins quand je dois traîner Channing derrière moi!
Comment vous y êtes-vous pris pour vous mettre en forme pour ce rôle?
J’ai eu l’impression qu’aller au gym, soulever des poids et boire des shakes de protéines était une idée terriblement contemporaine, qui s’appliquerait mal au deuxième siècle. Alors, j’ai simplement eu envie de me mettre dans l’esprit d’un gars à la masculinité sauvage qui pourrait se défendre lui-même s’il le devait. Mais il a aussi été un esclave. Il a donc probablement souffert d’inanition pendant un bon moment.
Passez-vous plus de temps en Californie ou en Angleterre, ces jours-ci?
Je demeure en Californie actuellement. J’adore ça. Je retourne en Angleterre quatre ou cinq fois par année. Je ne pense pas que la Californie soit nécessairement un endroit où on s’installe pour toujours. Je vis dans une ville industrielle, similaire à celle où j’ai grandi. Une ville où l’industrie dominante est le divertissement. La ville où j’ai grandi, c’était l’acier et la peinture. Mais la sensibilité est la même. C’est aussi un très bel endroit où vivre.
Comment évitez-vous de tomber dans le piège du mode de vie des jeunes vedettes hollywoodiennes?
Je tiens à mettre une chose au clair : je ne me suis jamais senti comme une vedette. Je ne fais pas de très gros films. Je pense que certains acteurs font partie de cette classe de gens, et qu’ils ont probablement des vies très compliquées, très difficiles. J’adore aller au supermarché et être tranquille, ou aller dans un café… Je pense que c’est un véritable avantage que les gens ne me reconnaissent pas.
Ça pourrait changer quand The Adventures of Tintin sortira, plus tard cette année…
Je regardais Tintin à la télé quand j’avais sept ans. C’était très différent des autres dessins animés, parce que ce n’était pas simplement un chat qui chassait une souris, par exemple. Il y avait quelque chose de plus. Ça m’a amené ailleurs. Et Stephen Spielberg a exactement la même impression. J’ai trouvé très intéressant de le voir composer avec la technologie numérique de captation de mouvements. On a été très fidèles à la qualité esthétique des illustrations, et je pense que, si on avait tourné le film de façon classique, on en aurait perdu beaucoup.
The Eagle
En salle dès vendredi