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L'exil doré de TV on the Radio

Jérôme Vermelin - Métro France

Gospel futuriste, soul new wave, funk high-tech… On a beau inventer diverses formules, difficile de résumer la magie de TV on the Radio, le groupe qui, depuis 2001, bouleverse le paysage avec chacune de ses nouvelles Å“uvres. Il y a trois ans, Dear Science était même élu Album de l’année par les plus influents magazines musicaux de la planète.

La suite, c’est sous le chaud soleil de la Californie que les cinq musiciens l’ont écrite, leur guitariste et producteur David Sitek résidant désormais à Los Angeles. «Nous n’avons pas cherché à faire un album plus léger, explique Jaleel Bunton à propos de Nine Types of Light, sans doute le disque le plus décontracté du groupe. Je dirais même que nous n’étions pas très heureux parce que notre studio d’enregistrement était situé près de Beverly Hills, dans un quartier plein de paparazzis et de victimes de la mode superficielles.»

Il s’agissait presque d’un martyre pour ces New-Yorkais pure laine, soudés par une même approche de la musique. «Nous ne sommes pas un groupe restreint par les genres, souligne Jaleel. Nos nos chansons évoquent des sentiments universels comme l’amour, la peur, le désir ou la colère… Nous ne trichons pas.»

Avec ses harmonies complexes et sa multitude de pistes sonores, la magie de TV on the Radio est-elle le fruit d’un long travail de fourmis? «Pas toujours, révèle Jaleel. Des chansons comme Killer Cran et You sont très proches de la version démo que Tunde [Adebimpe, le chanteur principal, NDLR] avait enregistrée. Une pièce comme Repetition, en revan­che, nous l’avons jouée live en studio, nous l’avons fait respirer, pour aboutir à un truc très différent, mais qui nous ressemble à tous.»

Une belle unité à peine entamée par l’annonce, à la veille du retour sur scène du groupe, du cancer du poumon dont souffre son bassiste, Gerard Smith. «Il suis présentement des traitements, il se bat, et la seule façon d’appréhender cette épreuve, c’est de se dire que ça fait partie de la vie», confie Jaleel avec une certaine émotion.

Symboliquement, le batteur a décidé de céder ses baguettes à Jahphet Landis, un proche de la formation, et joue pour l’instant de la quatre cordes à la place du malade. Et si TV on the Radio était avant tout une bande de gentlemen?

Nine Types of Light
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