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Marc Labrèche s'apprête à faire ses adieux à 3 600 secondes d'extase

Marc-André Lemieux - Métro

Fidèle en amitié comme en amour, Marc Labrèche comble son besoin de batifolage au travail. Un coup d’Å“il à son parcours suffit pour le cons­tater. Épaulé par le scripteur Marc Brunet, le comédien a mis au monde quatre émissions cultes depuis 1997. Des ovnis télévisuels qui ont marqué l’imaginaire en raison de leur humour débridé et de leur éphémérité. À une époque où les diffuseurs repoussent sans cesse la date de péremption de leurs gros canons, Marc Labrèche préfère la nouveauté. Voilà pourquoi il a tour à tour délaissé La fin du monde est à 7 heures, Le grand blond avec un show sournois et Le cÅ“ur a ses raisons.

Jeudi soir, 3 600 secondes d’extase s’ajoutera à cette liste grandissante d’étoiles filantes qu’on n’oubliera pas de sitôt. «Ça fait trois ans et demi. C’est une bonne run, résume le chouchou de la critique et du public. On a le sentiment d’être allé au bout de cette formule telle qu’elle existe aujourd’hui.»

Si Labrèche renonce à ses 3 600 secondes d’extase hebdomadaires, il ne ferme pas la porte à un éventuel retour de l’émission… dans un format mensuel, par exemple. Melvil Boulard, Clifford Montgomery et Thérèse Potvin pourraient ainsi ressurgir dans nos téléviseurs une fois par mois, le temps de nous dérider et de passer en revue l’actualité. «Ça nous donnerait le temps de faire autre chose et de nous aérer l’esprit», note-t-il.

3 600 secondes d’extase aura permis au public d’apprécier les hilarantes parodies de Marc Labrèche. De Christiane Charrette à Christian Bégin, en passant par Josélito Michaud et Céline Dion, les caricatures du bouffon font souvent l’objet des conversations de machine à café. Pas pire pour un gars qui ne se considère pas comme un imitateur. «L’imitation, ce n’est pas ma patente. C’est plus un travail d’observation, souligne-t-il. C’est un peu comme si je devais jouer un personnage que tout le monde connaît : je trouve son plus gros tic et je m’y accroche comme la misère au pauvre monde!»

Quand on lui demande si ses pastiches ont déjà mené à des confrontations avec ses souffre-douleur, Marc Labrèche répond par la négative. Quant à savoir si son travail a froissé quelques ego, l’animateur hésite. «Peut-être, mais ce n’est jamais très clair. Une chose est sûre, ils sont très discrets si ça les énerve, dit-il. Il ne m’est jamais arrivé d’avoir une conversation impromptue avec quelqu’un qu’on a imité au restaurant. Mais je sais à la façon dont ils me regardent qu’ils l’ont encore sur le cÅ“ur.»

Labrèche ne croit pas que la mort 3 600 secondes d’extase marquera la fin de l’humour audacieux à la télévision généraliste. Il reconnaît toutefois qu’en lui donnant carte blanche pour réaliser ses délires, les réseaux ont dérogé à leur règle habituelle. «On a été chanceux, tant à TQS et à TVA qu’à Radio-Canada, admet-il. On nous a donné une vraie liberté. C’est arrivé une ou deux fois que ça grinçait des dents avant d’aller en ondes. On a dû modifier certaines choses une fois ou deux, mais règle générale, on nous laissait faire ce qu’on voulait.»

La suite?

Hormis Le cri du rhinocéros, un projet de film évalué par les institutions, Labrèche dit n’avoir «rien de sérieux ou de solide» à se mettre sous la dent au cours des prochains mois. «C’est souvent dans ces moments-là qu’on trouve quelque chose d’excitant, dit celui qui ne refuserait pas un rôle au théâtre, une facette de son métier qu’il a négligée depuis quelques années. Pour l’instant, tout est possi­ble… ou impossible. Ça reste à voir.»

3 600 secondes d’extase
À Radio-Canada, jeudi à 21 h

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