Jena Malone: une héroïne pas comme les autres
Quand on songe à une héroïne de film d’action, Jena Malone n’est pas l’actrice à laquelle on pense immédiatement, mais son dernier long métrage, Sucker Punch (Coup interdit), n’est pas non plus le film d’action le plus conventionnel qui soit. C’est d’ailleurs la facture singulière de cette production qui a intéressé l’actrice de 26 ans, connue surtout pour ses rôles dans des films indépendants (Donnie Darko, Saved!, Into the Wild, etc.). «Dans les films d’action, il existe grosso modo deux grands types de rôles féminins, celui de la demoiselle en détresse et celui de la fille décidée et bien roulée, élabore-t-elle. Ce qui est vraiment bien dans Sucker Punch, c’est que ces personnages sont traités de façon multidimensionnelle, ce qui nous a permis d’explorer la vulnérabilité, les peurs, la confiance et la sensualité féminines.»
Dans ce long métrage, Malone et ses partenaires de jeu (Emily Browning, Abbie Cornish, Vanessa Hudgens et Jamie Chung) se servent de leur imagination pour s’évader de leur sombre réalité, celle d’un hôpital psychiatrique où elles sont retenues prisonnières. Mais Malone ajoute que l’on peut avoir envie d’échapper à des réalités bien moins lourdes. «Par exemple, j’éprouve toujours un grand désir d’évasion quand je dois faire le ménage, dit-elle. Ça ne me vient pas naturellement. C’est pour ça que, dans ces situations, j’enfile un ensemble super sexy, simplement pour me stimuler un peu, et que je fais des pas de danse.»
En prévision des séquences de combat proprement fantastiques de Sucker Punch, Malone et ses collègues se sont entraînées durant huit mois et se sont adonnées tour à tour aux arts martiaux, au tir et à l’escrime. Et tout cela n’a pas toujours été une partie de plaisir. «Vous vous faites toujours un bleu ici ou là, rapporte-t-elle. Mais c’était bien. Quand je dépassais un peu mes limites et que je me foulais quelque chose ou que je me faisais une élongation ou des ecchymoses, je trouvais que c’était dans l’ordre des choses. Heureusement, toutes nos blessures n’ont été que superficielles. Personne n’a dû aller à l’hôpital.»
Mais il reste que, pour l’actrice, le plus grand défi a été… la danse. Car, dans le principal univers fantastique de Sucker Punch, les filles travaillent comme danseuses exotiques dans un cabaret. «Nous nous sommes pratiquées durant des semaines afin de comprendre comment effectuer ces numéros de danse, explique la jeune femme. Elles étaient terrifiantes, incroyables, spectaculaires. Danser autour d’un poteau a été pour moi la chose la plus difficile durant le tournage. Je me suis fait des bleus plus douloureux au cours des chorégraphies que durant les huit mois d’entraînement aux cascades. Je peux vous dire qu’il y avait littéralement une carte de l’Afrique sur l’intérieur de mes cuisses.»
Tous ces efforts, cependant, ont été en vain, puisque, au montage, un choix a dû être fait entre les séquences de danse et celles de combat, et ces dernières l’ont emporté. Mais ce n’est pas grave, dit Malone : «Je crois qu’il est plus intéressant pour les spectateurs de ne pas voir les filles danser. Les combats y gagnent, ils sont plus spectaculaires.»
Évidemment, une expérience de tournage aussi forte crée de puissants liens. «On n’arrive plus à se sentir, avec les filles», affirme Malone avant d’éclater d’un grand rire. «Non, nous sommes devenues des amies pour la vie, ajoute-t-elle en parlant d’Emily, d’Abbie, de Vanessa et de Jamie. Ç’a été une expérience extrême, et vivre une telle aventure avec quatre de vos meilleures amies qui sont elles-mêmes très proches, ça ne disparaît pas quand on éteint les caméras.»
Sucker Punch
En salle dès vendredi