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François Arnaud: gravir les échelons

Marc-André Lemieux - Métro

François Arnaud n’a pas encore vu l’immense poster sur lequel il apparaît à Times Square, au cÅ“ur de New York. Un gigantesque panneau publicitaire haut de cinq étages surplombant le centre-ville illuminé de la Grosse Pomme. Le comédien québécois ne s’en fait pas. Il s’est déjà rattrapé à Los Angeles, où son visage de jeune premier tapisse la quasi-totalité des autobus. «C’est à la fois bizarre et impressionnant, dit-il en entrevue. C’est tellement irréel que ça me fait rire.»

L’acteur de 25 ans profite d’une telle visibilité grâce à The Borgias, une série qui débutera simultanément sur Bravo! (au Canada) et Showtime (aux États-Unis) le 3 avril prochain. Conçue par le cinéaste Neil Jordan (Interview with a Vampire, The Crying Game), cette coproduction canado-irlando-hongroise brosse le portrait d’une des familles italiennes les plus notoires de la Renaissance. François Arnaud y incarne Cesare Borgia, le fils impitoyable de Rodrigo Borgia (Jeremy Irons), un homme corrompu qui ne reculera devant rien pour conquérir le trône papal et assouvir sa soif de pouvoir et de richesse.

Les historiens ont beau décrire Cesare comme un être violent et sans scrupule, François Arnaud refuse de lui jeter la première pierre. «Pour moi, ce n’est pas un psychopathe fini ou un sadique qui tue par plaisir. C’est plutôt un stratège prêt à tout pour arriver à ses fins, précise-t-il. C’est dur de ne pas avoir d’empathie pour son personnage. Je n’essaie pas de l’excuser. Je dis juste qu’il faut relativiser les faits. La plupart des biographies sur les Borgias sont basées sur l’opinion de leurs ennemis. Et à cette époque-là, les gens étaient beaucoup plus barbares qu’aujourd’hui. Est-ce que les Borgias étaient pires que les autres? Peut-être pas tant que ça…»

Une chose est sûre : Arnaud a mordu à pleines dents dans ce rôle riche et complexe. Avant même de finir la lecture du scénario de Jordan, il plongeait dans Le prince de Machiavel, un traité politique reposant directement sur le parcours des Borgia, et la trilogie des films The Godfather, une saga également inspirée par cette famille controversée. «Cesare avait plusieurs personnalités : avec son père, c’est un petit garçon qui cherche à devenir un homme, avec sa sÅ“ur, il joue les protecteurs, et avec son homme de main, il est le patron, décrit le finissant du Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Il y a tellement de facettes à ce personnage-là. Je n’ai pas l’impression de me répéter. Ce n’est pas ennuyant.»

Tout comme son alter ego, François Arnaud est un jeune homme ambitieux. Mais contrairement à Cesare, la star des films Les grandes chaleurs et de J’ai tué ma mère ne mesure pas le succès en fonction des richesses qu’il accumule ou de la notoriété qu’il acquiert. «Quand je rêvais d’être comédien, je ne rêvais pas de gloire et de célébrité. Je rêvais de grands rôles, de personnages intéressants, raconte-t-il. C’est sûr que j’ai plus envie de ça que d’un rôle de serveur. C’est pour ça que je m’arrange pour que ça arrive. Et jusqu’à présent, j’ai eu de la chance. J’essaie d’en profiter.»

En attendant l’annonce du retour des Borgias pour une seconde saison, François Arnaud continuera à multiplier les allers-retours entre Montréal et Los Angeles. «J’ai rencontré des réalisateurs et des directeurs de casting. Ça se peut qu’il y ait quelque chose pour moi avant qu’on reprenne les Borgias cet été, révèle-t-il. Mais s’il y avait un projet au Québec qui pouvait marcher, ce serait cool aussi.»

The Borgias
Sur Bravo! à compter du
3 avril, à 22 h; sur CTV plus tard ce printemps

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