Culture
06:07 5 octobre 2020 | mise à jour le: 8 octobre 2020 à 11:50 temps de lecture: 4 minutes

Cinq œuvres pour commémorer les 50 ans de la Crise d’octobre

Cinq œuvres pour commémorer les 50 ans de la Crise d’octobre
Photo: Club IllicoLes journalistes Dave Noël et Antoine Robitaille ont enquêté sur le meurtre non résolu du felquiste Mario Bachand.

Il y a 50 ans jour pour jour, la Crise d’octobre était officiellement déclenchée avec l’enlèvement de l’attaché commercial britannique du Royaume-Uni James Richard Cross par le Front de libération du Québec (FLQ).

Dans les jours qui ont suivi, le ministre libéral Pierre Laporte a lui aussi été kidnappé par l’organisation, puis retrouvé mort. Entre temps, la Loi des mesures de guerre a été mise en application, menant à l’arrestation sans mandat de centaines de citoyens.

Ces événements historiques ont inspiré de nombreux artistes au fil du temps. Voici cinq œuvres d’hier et d’aujourd’hui qui posent chacune un regard inédit sur différentes facettes de la Crise d’octobre.

Le dernier felquiste

Les amateurs de documentaires true crime qui tiennent en haleine seront servis avec cette série de six épisodes portant sur la mort plus que mystérieuse du felquiste Mario Bachand. Celui qui avait la réputation d’être le plus radical de sa bande a été retrouvé sans vie dans un appartement de Paris le 29 mars 1971. Qui voulait sa peau? Serait-ce des gens au sein du FLQ? Ou peut-être même la GRC? Les journalistes Dave Noël et Antoine Robitaille explorent les différentes pistes de ce meurtre non résolu accompagnés de Félix Rose et Flavie Payette-Renouf.
Sur Club Illico

Les Rose

Dans ce documentaire à la fois personnel et historique, le cinéaste Félix Rose, fils du célèbre felquiste Paul Rose, cherche à comprendre comment son père, qu’il décrit comme un «homme très doux», a pu être impliqué dans l’enlèvement et la mort de Pierre Laporte. «Ce que je connaissais de lui ne correspondait pas à son image publique», a-t-il confié à Métro au mois d’août lors de la sortie en salle de son film. À défaut d’avoir pu recueillir le témoignage de son père avant sa mort en 2013, Félix Rose donne la parole à son oncle Jacques, membre de la même cellule du FLQ, qui retrace le récit des événements de l’intérieur.
Offert gratuitement sur la plateforme de l’ONF

Les ordres

À notre humble avis, ce chef d’œuvre de Michel Brault réalisé en 1974 est ni plus ni moins le meilleur film québécois de tous les temps. Le scénario est entièrement basé sur les témoignages tristement réels de cinq citoyens arrêtés arbitrairement lors de l’application de la Loi des mesures de guerres en octobre 1970. Parmi les comédiens qui se sont glissés dans leurs peaux, se trouvent les formidables Hélène Loiselle et Jean Lapointe. À mi-chemin entre le documentaire et la fiction, entre la couleur et le noir et blanc, Les ordres est un film terriblement sensible et percutant.
Sur Tënk, Illico et iTunes. Le film sera diffusé gratuitement le 16 octobre sur la plateforme du FNC.

Octobre

Vingt ans après Michel Brault, Pierre Falardeau s’est attaqué à un autre moment incontournable de la Crise d’octobre: l’enlèvement, la séquestration et la mort de Pierre Laporte. Le cinéaste s’est inspiré du témoignage d’un des quatre membres de la cellule qui a kidnappé le ministre libéral pour raconter le fil des événements. Dans ce huis clos hyper tendu, on est témoin des doutes, craintes et dilemmes éthiques qu’ont vécu les quatre hommes responsables de sa mort. Le tout est joué avec intensité par les comédiens Luc Picard, Hugo Dubé et Denis Trudel.
Sur Club Illico et iTunes

L’alouette en colère

Dans cette chanson composée en une nuit en réaction aux événements de la Crise d’octobre, Félix Leclerc se met dans la peau d’un père qui a peur pour son fils «enragé», «écrasé», «dépouillé», «écrasé» et «humilié». Ce fils «porteur d’eau, scieur de bois, locataire et chômeur dans son propre pays». Fils «qui demain sera un assassin», chante-t-il. Ce faisant, l’incontournable chansonnier exprime sa révolte et dénonce les inégalités subies par les Québécois francophones à l’époque.
Sur l’album L’Alouette en colère

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