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Thomas Fersen: le bal des vampires

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Au fil de ses presque 20 ans de carrière, l’au­teur-compositeur-inter­prète français Thomas Fersen s’est fait connaître par sa facilité à manier le verbe et par les univers colorés qu’il crée à chaque nouvel album. Cette fois-ci, c’est dans un monde peuplé de vampires et d’autres créatures fantastiques que Fersen convie son public. Métro s’est entretenu avec lui.

Comment est née la thématique «gothique» de cet album? Les vampires sont à la mode ces temps-ci, mais suivre les tendances n’est pas exactement votre genre…
Ce qui se passe, c’est qu’après les concerts, quand je range mon instrument dans sa boîte, je ne peux pas m’empêcher de penser à Dracula, qui, comme mon instrument, sort à la nuit tombée et retourne vite dans son cercueil avant les premières lueurs du soleil. J’ai écrit Dracula, qui est devenue la première pièce de l’album, et je me sentais bien dans cette veine romantique, alors j’ai continué.

Votre album s’appelle Je suis au paradis. Qu’est-ce qui vous mène au paradis?
Je ne sais pas si je dois le dire! Peut-être un peu comme Félix, dans la troisième chanson… les jeunes femmes? (Rires) Mais les rêves surtout, la compagnie des créatures, pas seulement des femmes, mais aussi des vilains messieurs parfois!

Il s’est passé deux ans depuis votre précédent album. Êtes-vous constamment en processus de création ou vous imposez-vous une période intensive pour composer?
Quand un album sort, c’est un nouveau point de départ pour un nouveau projet. Parce qu’une fois que les gens ont vu ce que j’avais fait, il faut absolument que je me sauve quelque part, que je fasse autre chose, c’est un réflexe de survie. Alors, je commence un nouveau projet parce que je n’ai pas envie qu’on sache qui je suis vraiment, peut-être.

On dit de vous que vous êtes l’un de ceux qui ont contribué à bâtir la nouvelle chanson française. Qu’est-ce que ça représente pour vous?
Vous savez, il y a un étymologiste qui m’a dit que Fersen, ça voulait dire «aîné». C’est-à-dire un grand frère. La roue tourne, et moi j’ai commencé à faire de la chanson au début des années 1990, avec une génération qui comptait Les Têtes Raides, Dominic A, Les Colocs au Québec… On a, tous ensemble, défriché une façon de faire des chansons qui n’existait pas encore. On a donc peut-être ouvert la voie à la génération d’après, dans les années 2000. Moi, j’aime la chanson francophone, je suis un fan de Fred Fortin par exemple. J’aime les artistes qui ont un univers, un monde fort à raconter et qui ont la langue pour le faire.

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