Take Me Home Tonight: après 1970, voici 1988
Après des années devant la caméra, le comédien Topher Grace a décidé d’essayer le chapeau de producteur. Il commence cette nouvelle carrière avec un film dans lequel il jette un regard sur les années 1980, Take Me Home Tonight, et dans lequel il joue également. Mais le métier de producteur cause son lot de maux de tête, a découvert le comédien. Entre autres choses, le premier studio avec lequel il a fait affaire n’était pas tout à fait à l’aise avec le contenu «pour public averti» que proposait le scénario. Métro s’est entretenu avec lui.
Comment vous sentez-vous en voyant finalement sortir le film?
Je ne peux y croire, mais la sortie a probablement eu plus d’impact qu’elle n’en aurait eu dans le passé. Les films de ce genre sont très difficiles à vendre parce qu’ils n’ont pas vraiment de concept. Ce n’est pas quelque chose du genre «Et s’ils interchangeaient magiquement de corps?» C’est plutôt trois amis qui s’en vont faire la fête. Mais ç’a toujours été mon genre de films préférés. J’ai grandi en regardant Dazed and Confused. Si je proposais un tel scénario, ça aurait probablement l’air ennuyeux, et c’est ce que j’aime.
C’est intéressant que le film se déroule en 1988, plutôt qu’au début des années 1980.
On voulait pouvoir utiliser plus de musique des années 1980, de façon très égoïste. Mais on voulait aussi que ça se passe à la croisée des chemins, à la fin d’une époque. Comme dans American Graffiti; ils s’envolent littéralement pour le Vietnam le jour d’après, et c’était la fin de cette période. Et de la même façon, dans Dazed and Confused, on réalise qu’on est dans une période qui s’apprête à terminer.
Vous n’aviez que 10 ans en 1988. D’où vous vient cette nostalgie?
C’est autant un voyage dans le temps cinématographique qu’un vrai voyage dans le temps. Mais ça n’a pas vraiment d’importance, parce que c’est comme ça que les gens ont tendance à se souvenir d’une période. Il y a beaucoup de thèmes qui reviennent, peu importe la décennie… mais on ajoute le style vestimentaire des années 1980.
En tant que producteur, comment avez-vous composé avec les nombreuses années que ça vous a pris avant de sortir le film?
Ç’a été frustrant, évidemment. On voulait faire un film pour public averti. Si vous faites un film qui se passe au milieu des années 1980 et que les jeunes sont au milieu de la vingtaine et ne prennent pas de cocaïne… vous n’êtes pas honnête. Le studio avec qui nous travaillions à l’origine était le genre de place avec des gens de 60, 70 ans qui nous disaient : «C’est ce que les jeunes veulent. Ce n’est pas correct.» Heureusement, Ryan Kavanaugh [de Relativity Media], qui a environ trois ans de plus que moi, a vu le film et a dit : «C’est hilarant! Et c’est honnête.» Il a même engagé un monteur pour remettre dans le film les scènes qu’on avait été forcés de couper.
Comme quoi?
Surtout la cocaïne. Il y a quelques scènes de nudité dans la salle de bain avec Angie [Everhart]. Un peu de langage cru. C’est pas mal tout. Il n’y avait pas grand-chose. La première fois qu’on l’a testé, ça a bien marché. C’est seulement le studio qui hésitait. Mais dans la culture corporative, peut-être qu’ils ont raison de le faire, de ne pas prendre le risque. Mais je ne crois pas que parler de cocaïne est irresponsable. Je crois que c’est assez pour rendre nerveux les gens en complet qui travaillent dans un studio!
Take Me Home Tonight
En salle dès vendredi