Critique de Biutiful: descente aux enfers d'un héros ordinaire
Biutiful. Une tendre référence, le seul moment presque léger du film, et pourtant un mot si intense. Dans la salle, nous sommes les témoins impuissants de la descente aux enfers d’un père de famille qui se bat pour rester digne et protéger ses proches. Uxbal se bat contre la maladie, la pauvreté, la misère et la précarité de ceux qui l’entourent, jusqu’à l’abnégation absolue.
Biutiful nous présente un héros de tous les jours, un père, un ami comme on pourrait en rencontrer partout, hanté par la mort de ses proches, terrifié par la sienne qui arrive, qui ne peut pas prendre une seule seconde pour lui tant ses proches dépendent de son soutien.
Surtout, ce film nous rappelle que tout autour de nous gravitent ces destins-là, et que nous passons souvent à côté, par égoïsme peut-être, par inattention, ou tout simplement parce que le temps passe vite, si vite…
Biutiful est un film poignant, désespérant, un film douloureux et magnifique, jamais complaisant, qui ne lâche jamais le spectateur, même des mois après. L’interprétation de Bardem est impressionnante de poésie et de prégnance. La photographie, entêtante, duplique à l’infini la spirale dans laquelle chute le héros.
La beauté ultime de ce film réside dans les instants de vie que l’on entrevoit chez les personnages secondaires, qui portent tous en eux un destin tout aussi lourd, résonnances glaçantes et fantomatiques de nos propres parcours.