Culture
09:00 4 décembre 2020 | mise à jour le: 4 décembre 2020 à 10:35 temps de lecture: 5 minutes

7e ciel: on craque pour «Waskapitan», «CHSLD, Mon amour», «L’avalée des avalés»…

7e ciel: on craque pour «Waskapitan», «CHSLD, Mon amour», «L’avalée des avalés»…
Photo: CourtoisieWaskapitan est offert à waskapitan.org jusqu’au 3 janvier.

Les journalistes de Métro vous livrent leur sept coups de coeur culturels de la semaine dont le spectacle-bénéfice Waskapitan, le documentaire CHSLD, Mon amour et la pièce L’avalée des avalés.

Waskapitan

«C’est beau quand on se rapproche», lance avec raison Florent Vollant à la fin de cet éblouissant spectacle-bénéfice orchestré à la mémoire de Joyce Echaquan. En 90 minutes, ce rassemblement musical fait vivre de grandes émotions et accomplit à merveille sa mission de créer des ponts entre les nations, ce que signifie «waskapitan» en atikamekw. On a ainsi droit à plusieurs duos inspirants, dont deux mettant en vedette Ariane Moffatt, d’abord aux côtés de Wass dans une harmonie vocale sublime, puis avec Anachnid pour l’électrisante Braids. À mi-parcours, les chœurs des chanteuses autochtones élevant la magnifique Big Bird In A Small Cage de Patrick Watson nous ont tiré des larmes. Ce n’est que la pointe de l’iceberg de nos nombreux coups de cœur de cette soirée diversifiée ponctuée de témoignages lumineux et porteurs d’espoir. On est encore soufflée que tant de beauté puisse jaillir d’un tel drame.
Au waskapitan.org jusqu’au 3 janvier. Les fonds recueillis financeront des projets favorisant le rapprochement entre les communautés.
Marie-Lise Rousseau

CHSLD, Mon amour

Tourné à l’automne 2019, peu de temps avant le début de la crise sanitaire, ce documentaire dresse un portrait doux et lumineux du quotidien d’un CHSLD du quartier Centre-Sud. Malgré des moments de douleur et d’isolement, c’est avant tout l’entraide et la détermination des employés et des résidents qui brillent dans ce film de Danic Champoux. Il pose un regard sans préjugés sur un lieu dont l’image a été ternie au fil des années. Un moment, notre gorge serre, puis c’est le sourire qui l’emporte devant la complicité, l’amitié. Parce que la vie continue, malgré tout.
Sur Crave dès aujourd’hui
Zacharie Goudreault

L’avalée des avalés

Bérénice Einberg, jeune héroïne fougueuse et farouche de Réjean Ducharme, personnage emblématique de la littérature québécoise, prend vie pour la première fois au théâtre en version numérique. Sous les traits de Sarah Laurendeau, qui porte cette pièce sur ses épaules avec une énergie contagieuse, elle exprime haut et fort, débordante de rage et d’amour, toute la fureur qu’elle porte en elle. La mise en scène de Lorraine Pintal transmet brillamment sur scène la prose de l’écrivain fantôme et le souffle de sa protagoniste.
Sur la plateforme du TNM jusqu’au 17 décembre
Marie-Lise Rousseau

Les héros avec pas d’cape!

Déjà engagé dans le soutien aux survivantes de violences conjugales, l’organisme Transit Secours Montréal donne la parole à des héros du quotidien qui aident leurs communautés dans un premier balado nommé sobrement Les héros avec pas d’cape. Une discussion sans fioritures avec des invités aussi prestigieux qu’inspirants comme la Première Dame, Sophie Grégoire-Trudeau, la réalisatrice Anastasia Mikova ou l’écrivain Stanley Péan. À découvrir d’urgence.
Martin Nolibé

 

 

Sound of Metal

Le monde de Ruben s’écroule lorsque celui-ci devient subitement sourd. Batteur dans un groupe de métal qu’il forme avec sa copine Lou, leur tournée, elle aussi, doit brutalement prendre fin. Dans ce film de Darius Marder, Riz Ahmed incarne magistralement un écorché vif opiniâtre qui doit réapprendre à vivre et à communiquer alors que le silence règne désormais.
Disponible sur cinemaduparc.com/fr/cinema-en-ligne
Amélie Revert

Faire les sucres

La douée Fanny Britt a un don pour explorer la psyché humaine et transmettre avec une justesse renversante les subtilités des émotions les plus indescriptibles. De sa plume toute en finesse, elle raconte dans ce deuxième roman la dérive d’Adam et Marion, couple au tournant de la quarantaine à qui tout souriait – il est chef vedette, elle est dentiste – jusqu’à ce qu’un accident survenu en voyage ouvre une brèche de laquelle s’échappe un trop plein de sentiments refoulés. Chacun vit sa crise de son côté, mais tous deux dans le privilège de leur confort matériel. Confort que n’a pas Celia, jeune Américaine blessée lors dudit accident. Un roman puissant à dévorer jusqu’à sa finale coup de poing.
Aux éditions Le Cheval d’août
Marie-Lise Rousseau

No hard feelings

Le jeune Parvis, fils d’immigrés iraniens, vit en Allemagne. Sa vie se complique dès lors qu’il s’entiche d’un jeune et beau réfugié dans l’attente de ses papiers. Programmé à image+nation, ce très beau film à l’emballage pop et coloré confronte avec justesse les contradictions inhérentes à l’expatriation : non seulement un certain sentiment d’aliénation, mais aussi cette sensation d’avoir des identités multiples, contradictoires. À voir ne serait-ce que pour l’interprétation remarquable des trois acteurs principaux.
Jusqu’au 6 décembre sur watch.eventive.org/in_33.
Céline Gobert


Et on se désole pour…

La disparition d’Anne Sylvestre

«Que savent-ils de mon ventre/Pensent-ils qu’on en dispose/Quand je suis tant d’autres choses/Non non tu n’as pas de nom…», chantait doucement Anne Sylvestre en 1974, un peu comme une berçeuse revendiquant le droit à l’avortement alors qu’il était interdit en France. «Je suppose que ça m’a freinée dans ma carrière parce que j’étais l’emmerdeuse de service, mais ma foi, si c’était le prix à payer…», disait cette artiste féministe – aussi populaire au Québec – plutôt deux fois qu’une. Merci d’avoir porté la voix des femmes!
Amélie Revert

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