Derrière la «chanson de l'été»
Le groupe Foster the People connaît un tel succès populaire grâce à la chanson Pumped Up Kicks que les journaux appellent cette dernière la «chanson de l’été» depuis mars 2010. Diffusée dans le site web du groupe à l’origine, la chanson a acquis une popularité grandissante, laquelle a mené le groupe à signer un contrat majeur avec Columbia Records et à sortir l’album Torches récemment. Au sujet du succès continu de son groupe, Mark Foster dit à la blague que «ce sera la chanson de chaque été»!
J’aimerais vous poser des questions sur vos influences, mais j’ai l’impression que je dois être prudent, car votre chanson Call It What You Want semble critiquer la critique : «Vous me demandez de décrire mon style et de nommer les artistes que j’écoute. Qu’est-ce que ça peut bien faire?» [Traduction libre]
Vous êtes très perspicace si vous avez compris le message de la chanson.
De toute façon, on perçoit vraiment une sensibilité des années 1980 dans votre musique, mais elle se rapproche davantage de la musique populaire que du new wave, dont beaucoup d’autres groupes indépendants s’inspirent.
Je ne sais pas quelles sont mes influences. J’ai grandi en écoutant tous les styles de musique, et j’essaie de créer le son de Foster the People depuis des années. Lorsque j’ai commencé à l’imaginer, j’écrivais une chanson très électronique, puis une pièce rock, puis un morceau Motown, puis une chanson spirituelle. J’essayais de trouver un moyen de les fusionner. Il m’a fallu beaucoup de temps pour y parvenir. Je perfectionne ce son depuis sept ans. Cela a commencé à marcher il y a un an et demi ou deux ans. Je ne sais pas vraiment d’où ce son vient. Comme je crai-gnais notamment que cet album ne soit pas cohérent, j’ai travaillé très dur pour tout ficeler. Je dirais tout de même que c’est un album varié. Il a beaucoup de saveurs.
Quelle comparaison vous a déjà vexé?
Un jour, j’ai joué une chanson pour une fille. Celle-ci m’a dit que la pièce lui faisait penser à un mélange de Prince, de John Mayer et d’Incubus. Je me disais qu’elle me faisait sûrement marcher! Ma musique n’a rien à voir avec celle de ces artistes! Les gens font continuellement des comparaisons. Nous avons souvent été comparés à MGMT, à Peter Bjorn and John et à Phoenix. Cela ne me frustre pas vraiment. Je crois que les comparaisons viennent avec le territoire, particulièrement pour les nouveaux groupes. Je pense que les gens ont besoin de quelque chose qui leur est familier…
Quelques chansons de l’album ont un côté très vulnérable. Est-il difficile d’écrire ce type de pièces ou est-ce naturel?
Parfois, c’est difficile… Lorsque j’écris une chanson, je compose généralement la musique en premier. En général, la musique suscite en moi des émotions. J’essaie vraiment de canaliser celles-ci pour écrire une chanson qui racontera de façon lyrique ce que la musique me fait ressentir. Par contre, il m’arrive d’atténuer mes émotions et de faire quelque chose d’ironique, comme Pumped Up Kicks. Selon moi, la vulnérabilité est sans contredit l’aspect le plus difficile du métier de musicien. Plus nous creusons profondément et ardemment, plus nous créons une bonne chanson, car d’autres personnes peuvent vivre nos émotions par procuration. Dans de nombreux cas, les gens ont besoin qu’un artiste cerne les sentiments qu’ils n’arrivent pas à nommer. Je crois que c’est notre travail.
Torches
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