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Ibiza Occident: l'envers du décor

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Günter Schwaiger s’est toujours intéressé à des thèmes au sujet desquels il existe beaucoup d’idées préconçues, affirme-t-il. Dans ses deux premiers documen­taires, Hafner’s Paradise et Arena, il se penchait respectivement sur un ancien soldat S.S. et sur la tauromachie.

Et c’est Ibiza, «l’île aux plaisirs» espagnole, qui se trouve au centre de son troisième documentaire, Ibiza Occident, présenté à Montréal dans le cadre du Festival des films du monde.

«Beaucoup de gens croient qu’Ibiza n’est rien d’autre qu’une île de party, où règnent la drogue et le sexe, raconte le cinéaste autrichien établi en Espa­gne depuis une vingtaine d’années. J’ai voulu aller au-delà de ça. Mon but n’était pas de prendre position moralement et de décrire l’endroit comme un lieu de perdition, comme c’est souvent le cas dans les repor­tages sur le sujet. Ce qui m’intéressait, c’était de comprendre les rouages de l’organisation, le genre de besoins que l’île comble. Je voulais aussi savoir qui sont les gens qui vivent à Ibiza.»

Le réalisateur a donc décidé de diviser son film en neuf parties, chacune suivant une personne en particulier. «Je voulais représenter les différentes catégories de gens qui vivent sur l’île, explique-t-il. Il y a les indigè­nes, les gens qui travaillent dans le tourisme, les très puissants propriétaires de clubs, les promoteurs qui, à leur façon, sont à l’origine de l’image d’Ibiza comme un endroit où faire la fête. Et il y a les DJ et les musiciens, qui sont très importants.»

Pour le réalisateur, l’étape la plus difficile du tournage a été de faire accepter aux protagonistes la présence de sa caméra dans leur univers durant des jours. «Les gens se méfient, affirme Schwaiger. Ils ont été trop souvent déçus par le portrait que les journalistes ou les cinéastes ont brossé de leur île.»

Il lui a donc fallu s’armer de patience avant de gagner leur confiance et d’obtenir toute liberté pour tourner. «On devait montrer qu’on était sérieux, explique-t-il. Et ça a fini par bien marcher : les gens nous ont parlé de façon très honnête. Pas pour nous décrire des lieux touristiques ni rien de ce genre ; ça ne m’intéressait pas. Je voulais voir le visage véritable  des gens qui sont dans les coulisses d’Ibiza.»

S’il avait d’abord pensé mêler fiction et documentaire, Schwaiger s’est vite rendu compte que les histoires de ses protagonistes étaient à elles seules bien assez intéressantes.

«Pour moi, le documentaire est une façon d’aborder la vie de façon très directe et intense, dit-il. Dans la vie, il y a toujours des éléments qui sont aussi impressionnants que dans la fiction.»

Ibiza Occident
Au cinéma Quartier latin dans le cadre du FFM.
De jeudi à dimanche.

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