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Rebecca Zlotowski: rebelle avec une cause

Présenté au Festival de Cannes en 2010 et lauréat du prix Louis-Delluc du meilleur premier film, Belle épine de Rebecca Zlotowski est une plongée introspective dans le quotidien d’une adolescente (Léa Seydoux, qu’on peut voir présentement dans Midnight in Paris de Woody Allen) qui erre après la mort de sa mère.

Le long métrage, qui privilégie l’image à la paro­le, fait la part belle à l’observation, au mutisme de circonstance. «Dans le film, il y avait vraiment le souhait de ma part de raconter une émotion qui était très particulière et qui était une émotion silencieuse, explique la réalisatrice lors d’une conversation téléphonique. C’est comme un moment où on s’est pris un coup de poing dans l’estomac et où, pendant quelques secondes, quelques minutes, on ne va pas parler. Mais ça ne nous empêche pas d’avoir mal.»

L’héroïne arrive à se détacher de sa solitude en s’intéressant à des courses de moto. Un rapport de fascination presque banal entre des adolescentes et des con­ducteurs qui sont avides de sensations fortes, et qui a déjà été traité dans plusieurs classiques du septième art, de Rebel Without a Cause à Grease.

«Est-ce que c’est parce qu’elles ont vu ces films-là que les jeunes filles sont attirées par les garçons excités par la mort et la tentation ou est-ce que c’est l’inverse? se demande la metteure en scène. Je ne sais pas dans quelle mesure la réalité est à mi-chemin. Les adolescents ont tous vu ces films-là, cette iconographie, cette imagerie.»

«Mais je crois qu’il y a, malgré tout, un rapport très étroit entre la jeunesse et la disparition. Ne serait-ce que  parce que c’est un état qui est court et qui se désire au moment où il disparaît. Ça ne m’étonne donc pas qu’à l’adolescence on soit attiré par le danger.»

L’ombre familière
Les premiers films trahissent parfois les influences, les goûts personnels, et Belle épine ne fait pas exception, se référant au cinéma de Maurice Pialat, de Lodge Kerrigan et de Denis Côté. Des cinéastes qui deman­­dent un inves­-tisse­ment de la part du cinéphile.

«Je suis très admirative du cinéma de Denis Côté, avoue Rebecca Zlotowski. Ses films sont extrême­ment exigeants parce qu’on demande au spectateur de combler toute une partie de la narration qui n’est pas donnée de manière évidente. Lodge Kerrigan a carrément été le tuteur de mon film quand j’étais à l’école de cinéma. C’est quelqu’un avec qui j’ai commencé à écrire mon scénario et qui m’a donné des conseils… Ce sont deux types de narration qui sont proches et qui me semblent plus plastiques que psychologiques. J’ai l’impression qu’en voyant le cadrage, la qualité de l’image, les acteurs, ça nous renseigne davantage qu’un détour qui demanderait de donner des explica­tions.»

Belle épine
En salle dès vendredi

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