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Le Picasso des coquillages

Depuis plus de 20 ans, Richard Perron fabrique des lampes extravagantes avec des coquillages. Si vous ne le connaissez pas, c’est parce qu’il est le secret le mieux gardé d’Hochelaga-Maisonneuve.


Comment avez-vous appris votre art?

J’ai d’abord appris à brocher des crustacés. Puis, je me suis mis à décorer des abat-jours que j’achetais dans les marchés aux puces. À un moment donné, je suis allé aux États-Unis pour voir comment ils faisaient pour découper des coquillages. Depuis, mes lampes sont une coche au-dessus.


Où trouvez-vous votre matière première?

Je viens de la Côte-Nord. J’ai toujours ramassé des coquillages. J’ai aussi voyagé au Costa-Rica et en Floride pour trouver les plus beaux spécimens. J’ai un ami, le chanteur Gaston Campeau, qui m’en envoie aussi de Panama City. Je lui fais parvenir des photos de ce que j’ai de besoin. J’ai des oursins, des étoiles de mer, des escargots d’eau douce, que je ramasse dans les îles de Boucherville, des hippocampes, des olives royales, des yeux de serpent, etc.


Ça doit vous coûter cher.

En tout, j’ai acheté pour 15 000 $ de coquillages, pour 75 $ d’hippocampes, pour 60 $ de lampes et pour 3 000 $ de colle!


Ça vous en prend combien pour faire une lampe?

Ça dépend. J’en ramasse une couple de mille, et je garde les plus beaux.


Et c’est long à faire?

Entre un et trois mois. Le temps de tailler et de bro­cher les coquillages.


Quand savez-vous qu’une de vos lampes est réussie?

Quand je vois l’éclairage qu’elle projette le soir. Ça fait des dessins sur les murs quand on les allume. Si je suis content, je leur donne quatre étoiles.


Pourriez-vous vivre de ça?

Je suis pressier de métier, retraité depuis 11 ans, mais avant, pour arrondir mes fins de mois, je faisais des designs de filet de pêche avec des coquillages dans les restaurants de fruits de mer. Les Grecs adoraient ce que je faisais.
 

Vous avez plus d’une cinquantaine de lampes. Vous n’avez jamais pensé à les vendre?

Oui, mais je serais incapable de m’en séparer. Pour moi, c’est une collection. Elles vont toutes ensemble. J’aimerais les exposer dans un musée, mais pas dans l’ouest, dans un musée dans Hochelaga. Les profits iraient à une fondation pour les aveugles – ma femme est presque aveugle.


Alors, elle ne voit pas ce que vous faites?

Pas tellement. Mais elle sait que c’est beau.

Le site officiel du magazine Urbania.

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