Sur le rythme: l'appel de la danse
On appelle un danseur comme on calle un orignal : en suivant une méthode rigoureuse. C’est du moins la comparaison qu’emploie Charles-Olivier Michaud pour parler du recrutement des danseurs en vedette dans son second film, Sur le rythme. «Ils n’ont pas de cellulaire, pas de courriel, pas de domicile fixe… Ils sont très difficiles à rejoindre!» s’exclame-t-il.
Fort heureusement, le cinéaste a pu compter sur un allié de taille au moment de finaliser sa distribution : Nico Archambault.
En vidéo: entrevues avec les artisans du film Sur le rythme et extraits du film
Le danseur, chorégraphe et gagnant de la première saison de So You Think
You Can Dance Canada s’est retroussé les manches, a sorti son carnet
d’adresses et s’est emparé du combiné. «Mes amis sont parfois durs à
trouver, concède-t-il. Des fois, il fallait que j’en appelle un pour
qu’il aille cogner à la porte de l’autre!» La participation des Lazy
Legs et autres Sleepy Fred atteste non seulement l’authenticité des
styles présentés à l’écran; elle figure parmi les raisons qui
ont empêché Nico de quitter l’aventure en cours de route. «J’allais
choker, admet le principal intéressé. Quand j’ai accepté de jouer dans
le film, j’ai commencé à me remettre en question : « Tu te prends pour
qui? Qu’est-ce que t’essaies de prouver? Et à qui t’essaies de le
prouver? » Mais l’idée de donner de l’emploi à des danseurs de Montréal
me faisait triper : ce sont des gens de talent qu’on ne voit jamais
parce que la scène hip-hop québécoise n’est pas assez grosse.»
Dans
Sur le rythme, Nico Archambault incarne Marc, le nouveau partenaire de
danse de Delphine (Mylène St-Sauveur), une jeune fille de 20 ans
torturée entre la vie dont elle rêve, une carrière sur les planches, et celle que lui imposent ses parents (Marina Orsini et Paul
Doucet), des études universitaires en médecine.
Néophyte en matière
de danse, Mylène St-Sauveur s’est entraînée cinq heures par jour pendant
un mois avant le début du tournage. Au-delà des cours à suivre et des
chorégraphies à apprendre par cœur, la comédienne originaire de
Saint-Hyacinthe s’est soustraite à un immense travail d’observation
durant cette période.
«J’ai passé beaucoup de temps à regarder
comment les danseurs marchaient, révèle-t-elle. Delphine, elle respire
la danse. Ça teinte toutes les facettes de sa vie : son
alimentation, ses sujets de conversation, sa posture… Pour qu’on croie
à la véracité du personnage, je ne pouvais pas me limiter à connaître
quelques séries de pas.»
À l’instar de Nico, Mylène St-Sauveur a
souffert du syndrome de l’imposteur pendant l’aventure. Elle se
rappelle notamment le tournage d’une séquence clé du long métrage,
scène durant laquelle elle devait exécuter – devant une horde de
danseurs professionnels au théâtre Impérial – la routine la plus complexe qu’on lui avait enseignée. «La première fois qu’on l’a exécutée
au grand complet, tout le monde a applaudi et je suis partie à
pleurer, raconte-t-elle avec émotion. Je m’étais mis tellement de pression sur les épaules. Ça m’a donné un énorme boost de confiance.»
C’est
après avoir constaté l’engouement des Québécois pour les émissions de
danse que Caroline Héroux a décidé d’écrire Sur le rythme. Histoire
d’éviter tout rapprochement avec les Step Up et compagnie, la scénariste
et productrice a retenu les services du réalisateur Charles-Olivier
Michaud, qui promettait de s’éloigner de la facture classique
des productions hollywoodiennes du même genre. «J’ai adopté un style
caméra à l’épaule, souligne-t-il. J’avais envie de me concentrer sur les
acteurs en tournant autour d’eux. Je voulais qu’on voie leur
respiration, leur sueur…»
«Je trouvais ça bien de faire un film de
danse qui reflète la mentalité et la personnalité des gens d’ici, ajoute Nico Archambault. On n’est pas moins bons que les Américains; on
est simplement différents. Sur le rythme, c’est un film qui ne mise pas
sur la paillette, les trophées et les envolées du genre : « Je suis le
roi de l’univers! » Au Québec, on est beaucoup plus terre-à-terre que
ça.»
Sur le rythme
En salle dès le 10 août
