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Quatre cinéastes font front commun

Sur le plateau de Tout le monde en parle, Xavier Dolan, Kim Nguyen, Rafaël Ouellet et Podz ont défendu l’importance de laisser les créateurs créer.

Leurs films «trônent au sommet des nominations de la soirée des Jutra», comme l’a souligné Guy A Lepage. Pourtant, comme l’a fait à son tour valoir Podz, mises ensemble, leurs quatre dernières œuvres, à savoir Laurence Anyways, Rebelle, Camion et L’affaire Dumont, ont été vues par «autant de spectateurs qu’un seul épisode de 19-2».

On le sait, et on nous l’a rappelé hier, le cinéma québécois a enregistré un maigre 4 % des parts de marché en 2012. Et les plus récents films des réalisateurs invités ont peut-être généré moins d’entrées que prévu. «Déçus?» a voulu savoir Guy A Lepage. «Oui, a répondu Xavier Dolan. On fait les films pour que les gens les voient.»

Le cinéaste a également dit regretter que Laurence Anyways ait principalement été vu par une seule communauté : la communauté artistique. «C’est tellement dur faire un film que, quand personne ne t’attend au fil d’arrivée, c’est poche», a-t-il confié.

Ayant connu un succès moins important que prévu avec L’affaire Dumont, Podz a quant à lui déploré «la culture du premier week-end». En effet, les recettes enregistrées au cours de la première fin de semaine où un film est à l’affiche déterminent souvent son avenir en salle. Suffit de deux grosses journées ensoleillées pour que le public manque à l’appel et que le film en souffre…

Au cours de cette discussion, il a aussi été question de Vincent Guzzo, le président de l’Association des propriétaires de cinémas du Québec, qui s’est plaint que nos cinéastes ne donnent pas assez dans le commercial et trop dans le déprimant. «Si vous aviez une chose à dire à M. Guzzo, ce serait quoi?» a voulu savoir l’animateur. «Va ch*er, ost*ie!» a répondu Dolan, du tac au tac.

Pour sa part, Rafaël Ouellet, tout de rouge vêtu, a affirmé que le propriétaire des cinémas qui portent son nom (Guzzo) «est passé à côté de la chance de présenter Camion». À Boucherville, par exemple, son film, aussi indépendant soit-il, a obtenu un chic succès. «On était 200 piasses derrière le dernier film de Schwarzenegger!» s’est-il exclamé.

Le réalisateur de Dégelis a prié le public de cesser de porter attention uniquement aux chiffres, car les films québécois voyagent, et font ainsi «rayonner notre cinéma à l’international». «Les gens à la maison, quand vous ouvrez le journal, rendez vous compte que ce n’est pas juste le box-office qui compte…»

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