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La prise de conscience de Duran Duran

Marc-André Lemieux - Métro

John Taylor, Nick Rhodes et Roger Taylor ont craint le pire pour l’avenir de Duran Duran lorsque le chanteur du groupe, Simon Le Bon, est tombé victime d’une sérieuse infection à la gorge cet été. Une maladie grave qui a contraint la formation britannique à prendre une pause de trois mois, annulant dans la foulée sa tournée en sol européen. Cette épreuve a déclenché une prise de conscience collective au sein du quatuor, explique le bassiste John Taylor.

«Pendant un certain temps, on ne savait pas si Simon allait revenir. On ne savait pas si le groupe survi­vrait, raconte-t-il. Il a fallu qu’on envisage la fin de Duran Duran.»

Taylor a profité de ce repos forcé pour écrire son autobiographie, qui doit paraître à l’automne 2012. Le livre retracera le parcours du célèbre musicien, de son enfance en banlieue de Birmingham à son ascension au sommet de la pop. John Taylor y traitera également de ses problèmes de drogues et des tensions qui ont parfois régné entre les membres de Duran Duran. «L’occasion s’est présentée et je l’ai saisie, indique-t-il. Jusqu’à présent, je m’amuse bien. Ça m’oblige à re­garder en arrière. Et ça m’ouvre les yeux sur plusieurs choses. Parce que dans le feu de l’action, on ne passe pas beaucoup de temps à analyser ce qu’on vit. Ça n’a jamais été mon genre en tout cas.»

L’idée d’écrire ses mémoires a germé dans la tête de Taylor au lendemain du décès de son père, en 2010. De retour à la maison familiale pour y ranger quelques trucs, le bassiste s’est laissé prendre au jeu des souvenirs. «Je suis tombé sur des trucs complètement fous en sortant des boîtes du grenier, raconte-t-il. C’est à ce moment-là que je me suis dit qu’il fallait abso­­lument que je trouve une façon d’honorer la mémoire de mes parents.»

John Taylor a pris un malin plaisir à revisiter les débuts de Duran Duran, au tournant des décennies 1970 et 1980. «C’était débile! s’exclame-t-il. Tu signes ton premier contrat de disques, tu commences à avoir du succès, tu donnes des spectacles à guichets fermés… et au milieu de toute cette folie, tu emménages dans ton premier appartement et tu prends ton cours de conduite! Avec le recul, je me sens privilégié d’avoir vécu cette aventure.»

En Angleterre, l’annonce de la sortie du bouquin a suscité de vives réactions chez les fans du Duran Duran. Dans la presse écrite, plusieurs journalistes y sont même allés de leurs propres suggestions quant au contenu de l’ouvrage.

John Taylor se tient loin de ce genre d’articles. «Si je commence à lire tous les commentaires, je vais perdre ma concentration», dit-il.

Un blogue à caractère humoristique a toutefois retenu l’attention du musicien. On y énumérait les titres fictifs des différents chapitres du livre. Parmi eux, citons Le jour où je me suis levé mal coiffé (The one time I woke up with a bad hair day). Car John Taylor n’est pas seulement connu pour ses lignes de basse accrocheuses; sa coiffure a elle aussi fait couler beaucoup d’encre, surtout dans les années 1980, à l’époque du fixatif et des crinières crêpées. Le nouveau quinquagénaire ne s’offusque pas de remarques pareilles, bien au contraire. «Je ne me prends pas assez au sérieux pour ça, précise-t-il. On est passé à travers tellement de styles… À nos débuts, tout était une question d’image. On devait changer de look à chaque nouvelle chanson!»

Dimanche soir, sur la scène du Centre Bell, Duran Duran jouera les tubes qui lui ont permis de vendre 80 millions d’albums, dont Planet Earth, A View to A Kill, The Reflex, Notorious et Hungry Like the Wolf. La formation présentera aussi les titres de son 13e album, All You Need is Now. Réalisé par Mark Ronson et lancé en novembre 2010, l’opus marquait un retour aux sources pour le groupe, qui s’était laissé submergé par les rythmes lourds et synthétiques de Timbaland sur sa précédente offrance, Red Carpet Massacre (2007).

«À quelques reprises durant notre carrière, on a essayé de ressembler à quelqu’un d’autre. C’est ce qui est arrivé quand on a décidé de travailler avec Timbaland. On voulait changer notre son parce que nos chansons ne tournaient plus à la radio. Mais c’était une erreur de notre part. Timbaland n’en avait que pour les échantillonnages. Ce n’est pas un mauvais réalisateur, mais il n’était pas fait pour nous. Avec Mark [Ronson], je me sentais respecté en tant que musicien.»

Duran Duran
Au Centre Bell
Dimanche à 19 h 30

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