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Les Jutra salueront Paule Baillargeon

Paule Baillargeon recevra le Prix Jutra-Hommage à l’occasion de la 14e Soirée des Jutra, le 11 mars prochain. La réalisatrice, actrice et scénariste deviendra la troisième femme à obtenir cet honneur, après Anne Claire Poirier en 2002 et Denise Filiatrault en 2006.

De son propre aveu, Paule Baillargeon s’est «un peu décomposée» quand on lui a appris la nouvelle, le mois dernier. «Je ne m’attendais vraiment pas à ça! Je ne me doutais de rien!» a raconté la lauréate lors d’un dîner de presse mardi.

Devant les journalistes qui assistaient à l’événement, Mme Baillargeon a relaté ses débuts dans le métier, alors qu’elle habitait le Carré Saint-Louis. Âgée de 23 ans, elle louait une chambre adjacente à celle de Pierre Harel, lequel tournait dans un film de Gilles Groulx intitulé Entre tu et vous.

Après le désistement de son actrice principale pour des raisons d’ordre moral (le mari de celle-ci refusait de la voir nue à l’écran), le cinéaste s’est tourné vers Baillargeon, encore inconnue à l’époque. «Du jour au lendemain, je me suis retrouvée toute nue à jouer dans un film de Gilles Groulx!» s’est exclamée la principale intéressée.

Depuis ce temps, Paule Baillargeon a tenu l’affiche d’une trentaine de longs métrages (Jésus de Montréal, La femme de l’hôtel, Vie d’ange), en plus de mener une carrières sur les planches (Chute libre, Un oiseau dans la gueule) et à la télévision (L’héritage, Marilyn). À titre de réalisatrice, nous lui devons notamment Le sexe des étoiles (1993), un drame avant-gardiste sur la transsexualité primé dans plusieurs festivals étrangers.

Le 23 mars, elle proposera Trente tableaux, un autoportait réalisé pendant sa résidence à l’Office national du film.

«Je suis loin d’avoir fini! J’ai encore plusieurs projets!» a précisé l’artiste de 66 ans.

Évoluant dans un milieu d’hommes, Paule Baillargeon souhaite que sa sélection serve d’inspiration aux jeunes réalisatrices qui travaillent d’arrache-pied pour faire leur marque en fiction. «En début de carrière, je n’avais pas de modèle féminin. Ça crée une fêlure. On est toujours obligée de s’identifier au masculin. J’espère que ce prix montrera à mes plus jeunes consœurs que tout est possible.»
     
Sur la recommandation de Denys Arcand
La sélection de Paule Baillargeon – issue d’une décision unanime du Comité de représentativité professionnel (CRP) – fait suite à une recommandation des réalisateurs Denys Arcand et Jean-Claude Labrecque, révèle Pierre Even, président du conseil d’administration de Québec-cinéma.

«C’est une incontournable, souligne le producteur. Elle a marqué notre milieu.» Pour Jean-Christian Céré, président du CRP, Paule Baillargeon mérite une telle distinction en raison de la richesse de son parcours et non en raison de son statut de femme.

«Ce qui est déterminant, ce n’est pas le sexe de la personne; c’est son talent, dit-il. C’est rare de trouver quelqu’un d’aussi polyvalent. Elle a œuvré dans plusieurs domaines avec le même brio.»

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