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Vivre l’expérience Coachella

Photo: Getty

Une semaine après avoir fait vibrer la Californie, le festival Coachella a remis ça pour une deuxième fois. Quelle bonne idée!

Tout ceux qui y ont mis les pieds vous le diront : l’expérience Coachella est unique en son genre. Quand on en repart, on rêve d’y revenir. Tout de suite. Là. Maintenant.

La dernière fois que nous avons visité les lieux, le festival s’étalait seulement sur trois jours. Depuis deux ans, cependant, il se tient sur deux semaines. Deux week-ends consécutifs, deux fois la même programmation, vraiment tout pareil. «Mais tout le monde dit que la seconde semaine, c’est deux fois plus dément!» a lancé samedi soir Alex Kapranos, frontman de Franz Ferdinand, groupe qui, soit dit en passant, a offert une performance vraiment hors du commun.

Nous n’étions pas là du 12 au 14 avril, donc nous ne pourrions pas confirmer ou infirmer les dires d’Alex K. en ce qui a trait à la démence de l’ambiance, mais ce qui est sûr, c’est que la plupart des people se précipitent davantage dans le désert californien pour le Week-end One. Lilo, KStew et Rpatz n’ont pas attendu la deuxième prise des festivités pour y parader…

Sur ce site où la musique demeure bien sûr l’attrait principal, sans pour autant être le seul, la faune rivalise d’originalité question look. Même la canicule ne saurait empêcher les plus déterminés des branchés de porter des chemises en poil, des chapeaux en forme de tête d’ours polaire et de grosses bottes en cuir stylées. Toujours chouette à observer!

Mais le plus grand bonheur, sans vouloir jouer avec les homonymes, c’est d’arriver de bonne heure, justement, et de surfer ensuite entre les scènes. Parce que six d’entre elles sont constamment envahies par des artistes en tous genres, de midi à passé minuit.

Vendredi, le menu proposait 66 concerts. Pas mal pour une journée que nous avons commencée en allant voir le Tokyo Ska Paradise Orchestra. Un collectif composé, comme son nom l’indique, de musiciens japonais qui, comme le nom l’indique toujours, font du ska. Pas forcément renversant, mais amusant, ça oui!

Au rayon des curiosités, deux spectacles se sont démarqués. D’abord celui de Sparks, groupe fondé dans les années 1960 par les frères Ron et Russell Mael. Pour cette performance, le théâtral duo s’est installé, l’un au clavier, l’autre au micro, pour livrer de manière tout aussi théâtrale des chansons de son vaste répertoire. Parmi le lot, Metaphor, tirée de son plus récent album, Hello Young Lovers, dans laquelle il est question de, oui, métaphores, ces figures de style qui «plaisent tant aux demoiselles, pourvu qu’on n’en abuse pas». Une prestation surpassée en douce étrangeté uniquement par Puscifer, le «projet à côté», ou le side project comme on dit, de Maynard James Keenan, de Tool. Accompagné par ses compagnes féminines qu’il appelait doucement «my b*tches!» – dont la chanteuse Carina Round qui faisait mine d’accoucher sur scène –, il a donné un show coloré et pour le moins original où l’esthétique ironiquement white trash dominait.

Sinon, tout au long du week-end, la programmation était portée par une petite vague de british invasion. Parmi les artistes venus de Grande-Bretagne s’est glissé un groupe habitué de Coachella, Spiritualized. Les fidèles ont eu droit à deux pièces de leur dernier disque (et coup de cœur absolu) Sweet Heart Sweet Light, ainsi qu’à d’anciennes compos. Un concert planant, envoûtant. Seul hic, Jason Spaceman a fait (dés?)honneur à sa réputation de rockstar blasée en concluant sa prestation par un lancer de guitare dans le coin de la scène et un coup de pied à son ampli. Ouain, ben c’est ça.

Du côté du hip-hop américain, le rappeur de Georgie 2 Chainz a attiré une foule monstre qui a scandé en chœur ses plus grands succès, dont I Luv Dem Strippers, «j’aime les effeuilleuses! j’aime les effeuilleuses!» dans un esprit de grosse fête.

Sinon, dimanche en début d’après-midi, les Brooklynois de DIIV ont bercé les amateurs de leurs pièces essentiellement instrumentales. Le leader du groupe – et amoureux confirmé de Kurt Cobain – Zachary Cole Smith en a profité pour présenter de nouvelles chansons, plus bruyantes et plus rock, sur lesquelles il chante beaucoup plus aussi. «Voici une nouvelle chanson qui s’appelle pour l’instant Nouvelle Chanson!» a-t-il lancé joyeusement. Vivement le nouvel album, qui s’appellera peut-être Nouvel album, oho?

Au moment de mettre sous presse, plusieurs groupes s’apprêtaient encore à monter sur scène, dont Father John Misty, Nick Cave et ses mauvaises graines et les «vétérans» des Red Hot. On vous en reparle demain, promis!

Canal découvertes

Voici quelques artistes qui se produisaient principalement sur les «plus petites» – entre guillemets, car tout de même grandes –, scènes et auxquels il a fait bon jeter un œil et une oreille. (Cliquez sur le nom pour un petit aperçu!)

  • James McCartney. Si, en lisant le nom, on s’est demandé si James était le garçon de Paul, tous les doutes se sont dissipés sitôt l’artiste monté sur scène. Copie carbone de son père, McCartney fils joue de la guitare acoustique et chante de jolies chansons dans lesquelles il parle d’anges, de papillons et de l’amour de sa vie. Il reprend aussi Old Man, de Neil Young. Ce qui, entre nous, ne doit pas être un choix innocent…
  • Youth Lagoon. Le nom de scène de Trevor Powers, un garçon de l’Idaho qui fait de la très belle «dream pop», aussi traduite sous le nom de «pop rêveuse», dans la lignée d’Ariel Pink. Il compte à son actif deux longs-jeux parus sous la renommée étiquette Fat Possum Records.
  • The Make-Up. Ce groupe post-punk des années 1990, mené par le disjoncté Ian Svenonius a récemment fait son retour. Et quel retour! Lors de son passage à Coachella, le chevelu chanteur s’est roulé sur le sol, a avalé son micro à plusieurs reprises, a surfé sur la foule, marché sur les mains des spectateurs en hurlant : «Tant de pilules! Si peu de temps pour toutes les avaler!»
  • Savages. Un groupe punk londonien formé il y a deux ans, composé de quatre filles faisant preuve d’une folle énergie. La chanteuse, Jehnny Beth, possède une voix puissante et une présence scénique franchement réjouissante.

C’est de l’art!
Sur le site de Coachella, qui ressemble à une oasis, on peut croiser une multitude d’œuvres d’art. On dit «croiser» et non «voir», car la plupart bougent et se déplacent tout au long du week-end. Parmi ces dernières, il y a un escargot géant, mais vraiment géant, qui répond au nom de Helix Poeticus, qui se balade sur le site et qui… assiste aux concerts! La chanteuse d’Of Monsters and Men semblait d’ailleurs déçue lorsque la bestiole a quitté le show de sa formation, en plein milieu. «Oh non! Il n’aime pas notre musique!» s’est-elle désolée en riant. Un immense dinosaure, créé par l’artiste de L.A. Johny Amerika, dévore quant à lui les déchets recyclables des festivaliers. D’ailleurs, question récupération, l’organisation est vraiment impec.

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